Une boîte à outils pour dépister et traiter l’anémie ferriprive de la grossesse


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Pendant la grossesse, la carence en fer et l’anémie ferriprive sont relativement fréquentes. Bien qu’elles soient le plus souvent faciles à traiter, pour un coût modique, il arrive fréquemment qu’elles ne soient pas dépistées et en conséquence pas soignées. Pour tenter de remédier à cet état de fait, une équipe canadienne (Toronto) a eu l’idée de proposer une « boîte à outils » aux praticiens. Baptisée IRON MOM ( Iron deficiency in pregnancy with maternal iron optimization ), elle comporte des guides cliniques pour le diagnostic et la prise en charge, des ressources pédagogiques à destination des patients et des médecins, des modèles de prescription pour les examens de laboratoires et pour un traitement oral par le fer.

L’outil a été évalué à partir des dossiers électroniques de l’ensemble des patientes enceintes prises en charge à l’hôpital St Michael (Toronto) en examinant les données récoltées au cours des consultations précédant l’accouchement avec celles récoltées pendant l’hospitalisation pour l’accouchement et pendant les huit semaines qui l’ont suivi. Les données recueillies avant la mise en place de la boîte à outils (de janvier 2012 à décembre 2016) ont été comparées à celles recueillies après celle-ci (de janvier 2017 à décembre 2017). Au total, l’analyse a porté sur 1.292 et 2.400 dosages de ferritine (que les auteurs considèrent comme le dosage le plus fiable pour dépister une anémie ferriprive de la grossesse) et sur 16.003 et 3.282 dosages d’hémoglobine, respectivement avant et après cette mise en place.

Un an après celle-ci, le nombre de dosages de ferritine a été multiplié par dix à l’occasion des consultations, et le risque d’un taux d’hémoglobine inférieur à 100g/L a baissé (de 13,5% avant la mise en place à 10,6% après). De plus, la proportion des femmes ayant nécessité une transfusion de globules rouges a également diminué de manière significative pendant la grossesse (de 1,2% à 0,8%, p=0,0499) et dans les suites de couches immédiates comme pendant les huit semaines de suivi (2,3% versus 0,8%, p=0,0214).

Bien que les auteurs reconnaissent des limites à leur étude (résultats agrégés, pas de groupe contrôle), ils préconisent l’utilisation de ce type de boîte à outils pour la prévention et le traitement des carences martiales non seulement de la grossesse, mais de toute autre origine.