Une avancée dans la génétique de la maladie d’Alzheimer


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Le projet IGAP ( Genomics of Alzheimer’s Project ) a permis l’examen des génomes de 35.000 personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer de forme tardive (les formes familiales précoces ont été exclues) et de 59.000 sujets sains. Il était co-piloté par l’équipe « recherche des déterminants moléculaires des maladies neurodégénératives » de l’unité INSERM 117 (Institut Pasteur, Lille) et mené en partenariat avec quatre consortium internationaux. Au total, plus de onze millions de variants génétiques ont été passés en revue.

Cette recherche a permis d’identifier cinq nouveaux loci associés à la maladie d’Alzheimer, dans ou à proximité des gènes IQCX, ACE, ADAM10, ADAMTS1 et WWOX.

Certains des nouveaux loci se situent dans des régions impliquées dans le métabolisme de la protéine Tau et de la protéine précurseur des peptides amyloïdes. La contribution de ces régions à la maladie est connue, particulièrement dans ses formes familiales, ce qui suggère des mécanismes communs aux formes précoces et tardives.

Certains loci appartiennent à des régions impliquées dans les mécanismes immunitaires. Pour Jean-Charles Lambert, qui dirige l’équipe de l’INSERM, la microglie, composée de cellules immunitaires apparentées aux macrophages et jouant un rôle dans la défense du cerveau, pourrait être impliquée dans la maladie.

Parmi les loci identifiés, un a été retrouvé chez moins de 1% des patients. Pour Jean-Charles Lambert, « la découverte de ce variant rare valide la stratégie de construction de cohortes de plus en plus importantes pour obtenir une très grande puissance statistique. » En effet, il est probable qu’existent d’autres variants rares impliqués dans la maladie d’Alzheimer, mais non encore découverts. C’est la raison du nouveau projet européen visant à inclure encore plus de patients et coordonné par Jean-Charles Lambert, EADB (European DNA Bank for deciphering the missing heritability of Alzheimer’s disease).