Un tiers des patients hospitalisés présenterait un œdème chronique

  • Quéré I & al.
  • Lymphat Res Biol
  • 1 avr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Selon l’étude internationale LIMPRINT, les œdèmes chroniques/lymphœdèmes toucheraient en moyenne 38% des sujets hospitalisés, soit entre 11,1 et 57,1% des patients selon le service d’hospitalisation. Elle décrit que les services d’oncologie ne seraient pas toujours les plus concernés.

Les personnes souffrant d’œdème chronique/lymphœdème étaient plus souvent obèses, avaient plus souvent une mobilité réduite et présentaient plus souvent certaines comorbidités que les autres (diabète, insuffisance cardiaque, troubles neurologiques, maladie artérielle périphérique), notamment lorsqu’ils présentaient aussi une ou des plaies. Or, une minorité d’entre eux bénéficiait d’une prise en charge spécifique et, a fortiori , d’un contrôle de cette condition.

Le nombre élevé de patients concernés par cette problématique de santé publique permet de s’interroger sur l’influence potentielle de cette accumulation hydrique interstitielle sur la survenue d’évènements de santé, et par conséquent sur son rôle prédictif ou pronostique en termes de fragilité. De nouvelles études seraient pour cela nécessaires.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

L’œdème chronique correspond à un gonflement de certaines aires du corps observé depuis plus de 3 mois. Il peut être primaire ou secondaire à une infection, une pathologie dysimmunitaire ou à un contexte néoplasique. La prévalence de l’œdème chronique et du lymphœdème est mal connue, souvent par absence d’évaluation diagnostique. Or, certaines données laissent entendre que ces manifestations seraient un signe de fragilité, étant donné l’association qu’elles entretiennent notamment avec la survenue de pathologies infectieuses (cellulite). LIMPRINT est la première étude à avoir été menée sur le sujet au niveau international dans plusieurs établissements hospitaliers.

Méthodologie

LIMPRINT ( Lymphoedema IMpact and PRevalence – INTernational Lympoedema Framework ) est une étude internationale dédiée à la connaissance de la prévalence de l’atteinte selon la nature des structures (ambulatoire, hospitalier…). Cette publication s’est intéressée à la prévalence de l’oedème au sein de plusieurs hôpitaux implantés dans 5 pays (France, Australie, Irlande, Danemark, Royaume-Uni).

Principaux résultats

  • Au total, 723 des 1.905 sujets inclus présentaient un diagnostic d’œdème chronique/lymphœdème, soit 38% des sujets hospitalisés . En moyenne, ils avaient 73 ans et étaient des femmes dans 53,9% des cas. Il s’agissait de cas secondaires pour 97,5% des patients, avec 8,1% de sujets présentant un contexte néoplasique.

  • Les gonflements concernaient majoritairement les membres inférieurs (96,4%). Si la plupart des patients présentaient un IMC normal, ceux présentant une obésité ou une obésité morbide étaient également concernés (30,2% et 7,4% respectivement).

  • Parmi les patients présentant un œdème chronique/lymphœdème, on en comptait 154 présentant un diabète, 259 de l’insuffisance cardiaque, 124 des troubles neurologiques ou 259 une maladie artérielle périphérique.

  • Parmi ceux qui ne présentaient pas de cancers, les principales causes identifiées de l’œdème chronique/lymphœdème étaient la maladie veineuse, l’immobilité et l’obésité dans 40,8%, 52,5% et 15,6% des sujets respectivement. Pour 20,45% de la cohorte, cette pathologie était présente depuis plus de 10 ans.

  • Parmi les 698 patients pour lesquels la prise en charge était analysable, 37,2% recevaient un traitement spécifique (soit 15,6% de compression veineuse), 430 n’étaient pas traités pour cette condition. Les investigateurs ayant spécialement conduit les évaluations au sein des établissements ont estimé que celle-ci n’était pas médicalement contrôlée pour 68,2% des patients.

  • La présence de plaies était associée à 40,9% des cas d’œdème chronique/lymphœdème. Les antécédents de cellulite concernaient 24,8% de ceux qui présentaient plaies et œdème chronique/lymphœdème, contre 14,1% pour ceux ne présentant que l’œdème chronique/lymphœdème et 1,5% pour ceux ne présentant ni l’une ni l’autre de ces conditions (p