Un surrisque de maladie d’Alzheimer chez les utilisatrices de traitement hormonal de la ménopause ?

  • Savolainen-Peltonen H & al.
  • BMJ
  • 6 mars 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une étude finlandaise montre que l’utilisation au long cours d’un traitement hormonal systémique de la ménopause n’est pas protectrice sur le plan cognitif, mais au contraire associée à une augmentation du risque de maladie d’Alzheimer de 9 à 17% par rapport aux non utilisatrices. Le type de progestatif utilisé et l’âge lors de l’initiation du traitement ne sont pas apparus comme des facteurs déterminants, mais chez les femmes ayant initié le traitement avant 60 ans, le risque devient significatif pour des durées d’exposition supérieure à 10 ans. En revanche, l’administration d’œstrogènes par voie vaginale ne semble pas avoir d’incidence. Même si l’augmentation absolue du risque est faible, les auteurs incitent à informer les utilisatrices d’un risque possible de maladie d’Alzheimer lié au traitement.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Les données de la littérature suggèrent que le risque de maladie d’Alzheimer est influencé par l’imprégnation hormonale. Dès lors, une utilisation prolongée d’œstrogènes après la ménopause serait-elle susceptible de réduire le risque de maladie d’Alzheimer (MA) ? La plupart des études observationnelles ont rapporté une réduction du risque de MA et de démence en général chez les utilisatrices de traitements hormonaux de la ménopause. Mais ces études n’étaient pas très robustes et ont été contredites par les résultats de  l’étude WHIMS (The Women’s Health Initiative Memory Study) ayant au contraire observé une augmentation de ce risque chez les utilisatrices d’œstrogènes d’origine équine. Cette étude finlandaise revient sur la question.

Méthodologie

À partir de registres nationaux, toutes les femmes finlandaises ayant reçu un diagnostic de maladie d’Alzheimer entre 1999 et 2013 ont été incluses et ont été appariées sur l’âge et le lieu de résidence, à des femmes indemnes de la maladie. Le risque de maladie d’Alzheimer a été comparé entre les femmes ayant eu recours à un traitement hormonal de la ménopause et celles n’en ayant pas utilisé. Les résultats ont été analysés en fonction de l’âge à l’initiation du traitement (

Résultats 

  • Au total, 84.739 femmes disposant d’un diagnostic de maladie d’Alzheimer et autant de femmes saines servant de groupe contrôle ont été incluses dans l’étude.
  • Parmi celles atteintes de la maladie, 98,8% des diagnostics avaient été posés chez des femmes de 60 ans et plus et 55,7% d’entre eux à 80 ans ou plus.
  • Sur l’ensemble de la population, le risque de maladie d’Alzheimer était accru chez les utilisatrices d’hormonothérapie substitutive de la ménopause, sans différence significative entre celles qui prenaient des œstrogènes uniquement (+9%) ou celles qui prenaient une association d’œstrogènes et de progestérone (+17%). Et chez ces dernières, le risque n’était pas affecté par la nature du progestatif.
  • Lorsque l’analyse était menée en fonction de l’âge, un surrisque de 8 à 17% de maladie d’Alzheimer était retrouvé chez les femmes ayant initié un traitement à moins de 60 ans, sans différence significative selon le type de traitement utilisé. 
  • Ce surrisque était observé pour une utilisation durant 10 ans ou plus, mais pas pour des durées inférieures de traitement.
  • En revanche, l’utilisation exclusive d’œstrogènes par voie vaginale n’apparaissait pas liée à un surrisque de maladie d’Alzheimer.
  • Une augmentation similaire du risque de maladie d’Alzheimer de 15 à 38% (différence non significative) était observée chez les femmes ayant initié le traitement à 60 ans ou plus, tous types de traitement confondus.