Un sous-type du VIH émergent en France


  • Caroline Guignot
  • Actualités Médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Messages principaux

  • 22% des nouvelles infections VIH françaises concernaient le sous-type CRF02_AG en 2016

  • La charge virale et la taille des clusters de transmission récente sont plus élevées pour ce sous-type que pour le sous-type B à Paris.


 

Entre 2014 et 2016, le suivi des analyses moléculaires des virus VIH montre que le sous-type CRF02_AG est de plus en plus fréquent en France. En effet, la proportion des infections VIH liées à ce sous-type était de 22% en 2016 contre 17% en 2014 ; dans des travaux antérieurs, il représentait même moins de 10% en 2010.

CRF02_AG a été moins souvent mis en évidence parmi des hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes (HSH) que le sous-type B (59% vs 78%), mais était plus souvent identifié dans des clusters de transmission récente (CTR) regroupant au moins 4 personnes, essentiellement localisés à Paris. Enfin, la charge virale relative au sous-type CRF02_AG était plus élevée en moyenne que les autres sous-types (5,83 log 10 copies/mL vs 5,40 pour le sous-type B). Des éléments qui semblent soutenir l’hypothèse d’une diffusion plus facile de ce virus.

Pertinence d'une surveillance nationale
Ce résultat est issu de l’étude PRIMO dont les données ont été présentées à la Conference on Retroviruses and Opportunistic Infections (CROI) 2019. Menée à partir des données de 43 centres français, et ayant analysé les données de 1.121 patients (90% d’hommes, 70% de HSH), cette étude visait à mener une analyse moléculaire des virus VIH identifiés chez les sujets récemment infectés. Un travail de surveillance important au niveau national car l’analyse des clusters de transmission permet d’identifier les territoires de diffusion et les populations concernées. Un réseau national devrait être mis en place pour mieux identifier les lieux et modes de transmission les plus à risque, afin d’optimiser la prévention et de limiter la progression de l’épidémie.