Un risque d’obésité plus important en cas de naissance par césarienne : mythe ou réalité ?

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De nombreuses données de la littérature suggèrent que les naissances par césariennes sont associées à un risque plus élevé de surpoids et d’obésité chez les enfants. Cependant, la plupart des études menées jusqu’à présent ont été entravées par un contrôle limité des facteurs confondants. Une équipe américaine vient de publier les résultats d’une large cohorte nationale ayant permis de suivre des enfants nés par césarienne jusqu’à l’âge adulte.

Méthodologie

  • GUTS est une étude de cohorte prospective menée auprès de jeunes adultes suivis entre le 1er septembre 1996 et le 31 décembre 2012.
  • 22.068 enfants nés de 15.271 femmes ont participé à l’étude.
  • À chaque questionnaire de suivi des enfants, les informations suivantes étaient recueillies : taille, poids, mode de naissance (césarienne ou vaginale).
  • En fonction de l’âge, le risque d’obésité a été évalué selon les critères de l’International Obesity Task Force ou ceux de l’OMS.
  • L’analyse multivariée a inclus l’âge de la mère à l’accouchement, son origine ethnique, sa région, l’année de naissance de l’enfant (≥1994, 1985-1989, >1989), l’IMC de la mère avant la grossesse, la taille de la mère, la présence ou non d’un diabète, d’une pré-éclampsie, d’une hypertension durant la grossesse, l’âge gestationnel à la naissance, le poids de l’enfant à la naissance, le tabagisme ou non de la mère avant la naissance, les antécédents de césarienne, le sexe de l’enfant, et le rang de naissance de l’enfant.
  • Les enfants ont été évalués entre l’âge de 9-14 ans et 20-28 ans.

Résultats

  • Sur les 22.068 enfants, 22,3% (n=4.921) sont nés par césarienne.
  • Le risque d’obésité durant tout le suivi a été de 13% sur l’ensemble de la cohorte des enfants. Ce risque a été majoré de 15% chez les enfants nés par césarienne par rapport à ceux nés par voie vaginale, risque relatif (RR) =1,15 [IC95% : 1,06-1,26] (p=0,002).
  • Ce risque était plus important chez les femmes ayant subi une césarienne sans indication reconnue, RR=1,30 [IC95% :1,09-1,54] (p=0,004).
  • La naissance par voie vaginale après un accouchement par césarienne était associée à une diminution de 31% [IC95% : 17%-47%] du risque d’obésité chez l’enfant par rapport à des naissances répétées par césarienne.
  • Les analyses intra-familiales ont montré qu’un enfant né par césarienne avait une augmentation du risque d’obésité de 64% [IC95% : 8%-148%] par rapport à ses frères ou sœurs nés par voie vaginale.

Limitations

Des précisions sur les indications de la césarienne ainsi que des détails sur le travail et l’accouchement auraient pu être intéressants pour les analyses. La sous-représentation de certaines ethnies n’a pas permis d’apporter des distinctions à ce niveau.

À retenir

Les naissances par césarienne induiraient une augmentation de 15% du risque d’obésité chez l’enfant, l’adolescent ou le jeune adulte par rapport aux naissances par voie vaginale. Les enfants nés par césarienne ont 64% plus de risque d’obésité que les membres de leur fratrie. Une naissance par voie vaginale chez une femme ayant déjà accouché par césarienne réduit le risque d’obésité chez l’enfant de 31% par rapport à une nouvelle naissance par césarienne.