Un régime pauvre en glucides réduit-il la mortalité des diabétiques de type 2 ?

  • Wan Z & al.
  • J Clin Endocrinol Metab

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une alimentation faible en glucides est significativement associée à une diminution importante du risque de mortalité chez les adultes atteints de diabète de type 2 (DT2).
  • L’adoption d’une alimentation équilibrée, modérée en glucides, privilégiant les glucides sains, les protéines végétales et les acides gras polyinsaturés pourrait prévenir les décès prématurés chez les sujets DT2.

Pourquoi est-ce intéressant ?

L’alimentation est l’un des facteurs de risque modifiables qui permet de limiter le risque de complications du diabète de type 2. Si certaines études ont mis en évidence le bénéfice d’un régime à pauvre teneur en glucides sur le poids, le contrôle glycémique, la réduction de l’HbA1c, le cholestérol et les triglycérides, l’association entre ce type de régime alimentaire et la mortalité conduit à des conclusions contradictoires. Par ailleurs, outre la quantité, la qualité des glucides, protéines et lipides pourrait avoir son importance sur ces résultats. 

Méthodologie

Cette étude prospective a inclus 5.677 patients âgés de 20 ans et plus, atteints de DT2. Les sujets provenaient de la cohorte NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey-échantillon représentatif de la population américaine) qui avaient rempli au moins un suivi nutritionnel entre 1999 et 2014. Sur la base de leurs déclarations, les individus ont été classés comme ayant une « alimentation saine » ou une « alimentation non saine » en fonction de leur score d’alimentation saine calculé sur le pourcentage de calories provenant des glucides, lipides et protéines et des sous-types de glucides de leur alimentation

La mortalité a été identifiée via le registre national des décès. Trois scores d’alimentation faible en glucides ont été définis : un score global d’alimentation faible en glucides, un score non sain d’alimentation faible en glucides, un score d’alimentation saine faible en glucides. Un score élevé signait une alimentation saine.

Principaux résultats

L’âge moyen de la population de l’étude était de 61,8 ans (49,7% de femmes). Sur un suivi médian de 6,3 ans, 1.439 décès ont été documentés. 

Pour les sujets qui consommaient le plus de glucides – qu’ils aient une alimentation saine ou pas – les glucides représentaient près de 46-47% de leurs apports énergétiques totaux.

Les analyses multivariées (incluant le mode de vie, la durée du diabète, les taux d’HbA1c) ont mis en évidence que, par rapport aux patients qui avaient une alimentation riche en glucides, ceux qui avaient l’alimentation la plus pauvre en glucides avaient une diminution du risque de décès de 35% (hasard ratio 0,65 [0,50-0,85]).

Une augmentation de 20% du score d’alimentation saine était associée à une diminution de la mortalité toute cause de 11% (HR 0,89 [0,81-0,97]).

Le remplacement de 2% de l’énergie apportée par les glucides par des protéines végétales ou par des acides gras polyinsaturés était associé à une diminution de la mortalité totale entre 23% et 37%.

Des résultats similaires ont été retrouvés lorsque les analyses intégraient une stratification des individus par âge, sexe, origine ethnique, statut tabagique, indice de masse corporelle, niveau d’activité physique et durée du diabète.