Un probiotique contre le SARM : quand David bat Goliath

  • Piewngam P & al.
  • Nature
  • 1 oct. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon une étude publiée par la prestigieuse revue Nature, Bacillus subtilis (B. subtilis) est un probiotique dont la consommation pourrait favoriser la décolonisation intestinale par le SARM. Cette conclusion prometteuse est issue d’un travail mené en deux temps : le premier a consisté à analyser le microbiote contenu dans les échantillons de selles de près de 200 sujets vivant en territoire rural thaïlandais, présumés peu exposés à la nourriture aseptisée et aux antibiotiques. Ils ont ainsi mis en évidence une corrélation inverse entre la présence de B. subtilis et celle du SARM. Ils ont ensuite décrit que la capacité du probiotique à contrôler la présence de SARM reposerait directement sur des lipopeptides qu’il produit. Ils ont enfin montré qu’il était possible de réduire la colonisation intestinale par SARM dans un modèle murin.

  • De nouvelles investigations complémentaires sont maintenant nécessaires afin de comprendre les mécanismes impliqués et envisager une application à l’homme.

Principaux résultats

  • Le portage de SARM au niveau intestinal concernait 12,5% de la cohorte. La présence de bactéries Bacillus, et en particulier B. subtilis, a été mise en évidence chez 50,5% des non-porteurs de SARM, contre 0% chez les porteurs (p

  • Une investigation poussée des mécanismes de réplications du SARM a montré que le quorum sensing (QS), qui correspond à une densité bactérienne à partir de laquelle une modification de l’expression génétique se met en place, est indispensable pour que le système Agr de régulation génétique - qui permet au SARM de déclencher une infection- soit efficace.

  • En utilisant des filtrats obtenus à partir des souches Bacillus issues des échantillons fécaux, les chercheurs ont montré que le système Agr était inhibé, soutenant l’hypothèse qu’une molécule active contre le SARM est produite par le probiotique. In vitro, ils ont ensuite mis en évidence le rôle clé des fengycines, une famille de lipopeptides produites habituellement par les Bacillus, dans l’inhibition des SARM de différents types (dont SARM USA300, ST88, ST2196).

  • Pour valider leurs résultats in vivo, les chercheurs ont nourri des souris dont l’intestin était colonisé par SARM avec des spores de B. subtilis de type sauvage. La colonisation décroissait rapidement en deux jours. En revanche, des spores B. subtilis dont la production de fengycines était inhibée ne permettaient pas de favoriser la décolonisation.