Un possible lien entre antipsychotiques et risque d’AVC

  • Zivkovic S & al.
  • BMC Psychiatry
  • 20 juin 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Une méta-analyse parue dans BMC Psychiatry avance que les antipsychotiques sont associés à un risque accru d’AVC, plus volontiers en population générale que parmi la population souffrant de démence. Ce risque semble davantage lié aux molécules de seconde génération, les données étant incertaines pour celles de première génération. Cependant, ces résultats doivent être modérés par l’existence d’une grande hétérogénéité entre études. Cette dernière explique d’ailleurs le fait que l’association entre prescription d’antipsychotiques et d’infarctus du myocarde (IDM) ne puisse être établie clairement.

En l’état actuel des connaissances, cette publication renforce l’idée d’un lien potentiel entre ces médicaments et le risque d’AVC, comparativement à de précédentes méta-analyses, mais demande tout de même à être validée.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Il est parfaitement décrit que les personnes souffrant de différents troubles psychiatriques (schizophrénie, troubles bipolaires, dépression…) sont exposées à un risque de mortalité prématurée, notamment d’origine cardio- et cérébrovasculaire. Si l’environnement social, l’hygiène de vie ou les comorbidités sont sans doute impliqués dans ce sur-risque, certains travaux avancent aussi un potentiel lien avec les antipsychotiques prescrits dans ces situations. De même, ces molécules sont souvent prescrites hors AMM dans des pathologies comme la démence, alors que l’association avec le risque d’AVC sous traitement a déjà été décrite. In fine , les données (études ou méta-analyses) ne sont pas probantes quant à l’association entre ces médicaments et le risque d’AVC. Quant à leur association avec le risque d’IDM, étudiée dans plusieurs publications, elle reste incertaine. Une méta-analyse reprenant les études de cohorte ou de population les plus récentes sur le sujet était intéressante à mener.

Méthodologie

La méta-analyse a été conduite à partir de toutes les études parues en anglais jusqu’en mai 2017. Elle a porté sur des études consacrées à la population générale ou à une population souffrant de pathologies psychiatriques, et qui comparaient le lien entre la prescription ou non d’antipsychotiques et le risque d’IDM ou d’AVC. Au total, 19 études ont été identifiées et intégrées à l’analyse, dont 11 en population générale, 5 auprès de personnes souffrant de démence et 3 de patients présentant des troubles psychiatriques.

Principaux résultats

  • Selon les études en population générale, un antipsychotique multiplie le risque d’AVC par plus de deux (HR : 2,31 [1,14-4,74]) avec une hétérogénéité significative (I2=83,2%). Chez les patients présentant des troubles psychiatriques, le risque était non significatif. Quand les deux populations étaient poolées, un risque était associé aux molécules de seconde génération (HR 1,71 [1,16-2,53], I2=74,9%, p=0,003).
  • Dans la population souffrant de démence, le risque était accru de 16% (HR 1,16 [1,00-1,33]), sans hétérogénéité), mais n’était pas confirmé par les seules études cas-contrôle. Par ailleurs, l’analyse des molécules de première et de seconde génération prises séparément n’a pas permis de confirmer un tel risque.
  • Concernant le risque d’IDM, l’hétérogénéité entre les études était trop importante pour permettre de confirmer l’absence d’association observée entre antipsychotiques et IDM.