Un patient guéri du COVID-19 peut-il être de nouveau porteur paucisymptomatique ?

  • En collaboration avec le Professeur Frédéric ADNET, Chef de Service des Urgences à l’Hôpital Avicenne.
  • Am J Prev Med
  • 18 sept. 2020

  • Résumé d’articles
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Persistance des symptômes après guérison

Persistance des symptômes après guérison

Une étude a été menée sur une population de 131 patients traités en Italie entre le 21 avril et le 21 mai 2020 pour cause de COVID-19 et déclarés guéris après deux RT-PCR négatives. Parmi ces sujets, 16,7% étaient de nouveau positifs en RT-PCR lors d’un prélèvement effectué en juin 2020. À ce moment-là, qu’il soit positif ou négatif, aucun patient n’avait de fièvre. Tous évoquaient une amélioration de leur état de santé depuis leur infection par le virus en avril-mai. La fatigue (51%), la dyspnée (44%), la toux (17%) et des rougeurs oculaires (16%) étaient les symptômes les plus fréquemment retrouvés et sans différence significative de fréquences entre les sujets positifs et négatifs. En revanche, les sujets de nouveau positifs en juin rapportaient significativement plus souvent la persistance d’un mal de gorge et d’une rhinite que les sujets négatifs (respectivement 18,1% vs 4,5%, p=0,04 et 27,2% vs 11,9%, p=0,05). 

Les populations différaient-elles par leur caractéristiques cliniques ou comorbidités ? Non, pas vraiment. Les deux populations étaient similaires sur ces données hormis un IMC légèrement plus important chez les patients de nouveau positifs (27,6 vs 25,9 kg/m2). Le temps d’hospitalisation lors de l’épisode infectieux d’avril-mai était également similaire entre les deux groupes (10-12 jours) ainsi que la prise en charge thérapeutique (recours à différents traitements lopinavir/ritonavir, darunavir/ritonavir, hydroxychloroquine, anti-IL6, azithromycine, corticoïdes, ou à l’oxygénothérapie). Les auteurs de la publication indiquent un temps moyen de 56 jours ± 11 jours entre l’apparition des premiers symptômes d’infection au SARS-CoV-2 et la première visite post-guérison.

« Que retenir de ces données ? Comme le montrent de plus en plus d’études, de nombreux symptômes persistent après la guérison d’un COVID-19. Certes celle-ci monocentrique et menée sur un faible effectif et présente des limitations, mais elle souligne la nécessité de réaliser des travaux plus robustes sur le sujet. Et en attendant, elle invite les praticiens à la vigilance chez les sujets apparemment guéris d’une infection par SARS-CoV-2, face à la persistance de symptômes qui pour certains pourraient être considérés comme banals en période automnale-hivernale. La persistance des symptômes pourrait évoquer une persévérance de virus actif ou alors la prolongation d’une réaction inflammatoire. N’oublions pas que la positivité d’une PCR n’indique pas qu’il y a encore du virus fiable et contaminant mais indique la présence d’ARN. Pour être convaincant, il aurait fallu cultiver les échantillons prélevés pour isoler le SARS-CoV-2 vivant. » Professeur Frédéric ADNET, Chef de Service des Urgences à l’Hôpital Avicenne.