Un patient BPCO et/ou asthmatique sur cinq a un syndrome de chevauchement asthme-BPCO

  • Krishnan JA & al.
  • Ann Am Thorac Soc
  • 1 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

En soins primaires, environ un patient sur cinq ayant consulté pour BPCO, pour asthme ou pour les deux affections répond à la définition du syndrome de chevauchement asthme-BPCO (SCAB ou ACOS pour Asthma-COPD Overlap Syndrome) retenue dans cette étude. Il s’agissait plus souvent de patients ayant consulté pour les deux pathologies (1 patient sur 3) ou n’ayant consulté que pour BPCO (1 sur 5) plutôt que de patients connus pour asthme (1 sur 7). Les données de ce travail montrent par ailleurs qu’il existe une diversité de profils cliniques, correspondant à des phénotypes distincts de la maladie.

Mieux connaître le syndrome de chevauchement

Le SCAB a fait une entrée relativement récente dans les recommandations, où il est défini à travers onze paramètres cliniques. Cependant, les données à son sujet restent encore peu nombreuses et doivent être étoffées. Le profil des patients concernés en soins primaires a par exemple fait l’objet de peu d’attention. Aussi, ce travail présente l’avantage de préciser la prévalence et les caractéristiques des personnes souffrant de SCAB au cabinet du praticien, afin de mieux évaluer les caractéristiques des individus qui peuvent être évocatrices du syndrome.

Méthodologie

Dans cette étude transversale, basée sur les données 2014-2015 de la base britannique Optimum Patient Care Research Database (OPCRD), les patients étaient éligibles s'ils avaient eu au moins deux visites en soins primaires sur les deux années. Les patients ont ensuite été classés selon leur profil : 2 visites avec diagnostic de BPCO seul, avec diagnostic d’asthme seul ou une visite avec chacun des deux diagnostics. Le syndrome de chevauchement était établi par le groupe de travail ayant mené l’analyse à partir des données déclarées par le praticien : âge ≥40 ans, tabagisme ancien ou actuel, rapport VEMS/CVF comprise entre 0,4 et 0,7 après bronchodilatation et une réponse à cette dernière >12% avec au moins +200 ml du VEMS).

Les patients diagnostiqués BPCO plus souvent concernés

  • Au total, les données de 3.433 personnes âgées d'au moins 40 ans ont été analysées : parmi elles, 30%, 22% et 11% avaient respectivement reçu un diagnostic de BPCO, d'asthme ou les 2 diagnostics.
  • Parmi les 2.165 personnes ayant reçu l’un et/ou l’autre des diagnostics, 20% répondaient à la définition du SCAB retenue par les chercheurs. Ils avaient 70 ans en moyenne, étaient des hommes pour 60% d’entre eux, 73% avaient un historique de tabagisme et 66% étaient en surpoids ou obèses.
  • L’application de la définition du SCAB aux 2.165 patients a permis d’établir une prévalence de 32% chez ceux ayant consulté pour les 2 pathologies respiratoires, alors qu’elle était de 20% et de 14% chez ceux diagnostiqués respectivement pour BPCO et pour asthme.
  • Les patients souffrant du SCAB étaient plus jeunes (68 contre 72 ans; p = 0,04) et avaient un IMC plus élevé (avec 70 contre 58% en surpoids ou obèses) par rapport aux patients BPCO et asthmatiques.
  • L’absence de réversibilité post-bronchodilatation des patients avec BPCO (avec ou sans asthme) était le principal motif pour lequel ces sujets n’étaient pas classés SCAB. Chez les patients asthmatiques, le principal motif était l'absence d'antécédents de tabagisme.

Principales limitations

Toutes les données de l’EFR ainsi que l’importance du tabagisme n’étaient pas précisées. Et l’absence fréquente de certains des paramètres utilisés pour définir le SCAB au sein de la base a mené à n’utiliser qu’une petite partie de la population de l’OPCRD, introduisant un possible biais de sélection.