Un patch ECG améliore le diagnostic de fibrillation atriale

  • Sibbing D & al.
  • Eur Heart J
  • 14 juin 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’étude mSToPS, un ECG portable par patch permet d’identifier 6,3% de patients en fibrillation atriale (FA) parmi une population à risque, contre 2,3% parmi une cohorte appariée ayant bénéficié d’un suivi classique. À un an, ce taux diagnostique s’est traduit par une prise en charge plus fréquente par anticoagulant mais le taux d’AVC à 1 an était similaire.

  • La question de la transposition de ces résultats en bénéfice clinique de routine se pose : quelle prise en charge offrir à tous les patients nouvellement diagnostiqués, et notamment ceux souffrant de FA subclinique ? Si le suivi à 1 an ne permet pas de répondre, celui à 3 ans, prévu par le protocole, permettra d’apprécier si ces chiffres évoluent dans le temps. Le coût-efficacité de cette technologie devra aussi être évaluée.

Pourquoi cette étude a-t-elle été conduite ?

Face au risque d’évènements graves associés à la FA et à l’absence de diagnostic pour une fraction de population concernée, il était intéressant d’évaluer si un dispositif portable (ECG cutané par patch) pouvait améliorer le dépistage de la FA en ambulatoire par rapport au suivi médical classique et habituel d’un groupe de patients de profil similaire.

Méthodologie

L'essai clinique a tout d'abord proposé par mail à des sujets à risque de FA (âge, insuffisance cardiaque, apnée du sommeil…) affiliés à une assurance complémentaire américaine de participer à un essai clinique visant à établir le diagnostic de FA par dispositif ambulatoire portable durant 14 jours. La première phase était randomisée et permettait de comparer les données de ceux en bénéficiant immédiatement et ceux pour lesquels le port du patch était retardé de 4 mois. Dans une seconde phase, ces sujets étaient appariés selon l'âge, le sexe et le score CHA2DS2-VASc à une cohorte suivie classiquement, tous étant suivis durant un an.

Principaux résultats

  • Un groupe de 2.659 participants (âge moyen 72,4 ans, 38,6% de femmes) a été constitué pour participer à la surveillance par patch ECG et ils ont été randomisés entre ceux devant le porter dès l'inclusion durant 4 semaines (n=1.364), et ceux devant le porter 4 mois après l'inclusion (1.291). Parmi eux, 1.738 (65,4%) ont réellement utilisé le dispositif. Ensuite, l’étude longitudinale a permis de comparer les données à un an de tous ces sujets à celles issues de 3.476 sujets appariés (73,7 ans, 40,5% de femmes, score médian CHA2DS2-VASc 3,0).

  • Dans la phase randomisée, une FA a été diagnostiquée durant les 4 premiers mois pour 3,9% des sujets du groupe portant le dispositif dès l’inclusion contre 0,9% dans le second groupe, soit une différence absolue de 3,0% [1,8-4,1]. Le patch a été porté en moyenne 11,7 jours. La valeur médiane de l’épisode de FA le plus long était de 185,5 minutes. Au total, 55,0% des sujets ont présenté une durée maximale de FA comprise entre 5 minutes et 6 heures (24,6% et 13,0% avaient une valeur maximale de FA de 6-24h, ou de plus de 24h respectivement).

  • À 1 an de suivi, le taux de diagnostic était de 6,7 pour 100 personnes-années dans l'ensemble du groupe appareillé, contre 2,6 pour 100 personnes-années dans le groupe suivi classiquement (différence : 4,1 [3,9-4,2]). Les premiers bénéficiaient plus fréquemment d'un traitement anticoagulant (5,7 vs 3,7 pour 100 années-personnes), de visites médicales de cardiologie ambulatoire ou de soins primaires, mais aucune différence n'était observée concernant la fréquence des visites aux urgences ou des hospitalisations pour FA, le taux d'AVC ou de recours à un pacemaker ou un défibrillateur.

Financement

L’étude a été financée par Janssen Pharmaceuticals.