Un modèle mathématique pour contrer les émergences épidémiques saisonnières


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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L’épidémie de COVID-19 a rendu populaire le Ro, le nombre de reproduction en début d’épidémie, soit le nombre moyen de personnes contaminées par un porteur du virus (à ne pas confondre avec le R effectif, qui désigne le nombre de reproduction pendant l’épidémie). Il est classiquement utilisé pour évaluer le risque d’émergence d’une épidémie saisonnière et l’efficacité des moyens mis en œuvre pour la contrer. Dans un travail publié dans PLOS Computational Biology, deux chercheurs français montrent que ce risque dépend aussi du moment où le virus pathogène apparaît dans la population hôte. Cela peut aboutir le risque de contamination soit interprété comme faible alors même que le Ro est élevé, ce que les chercheurs nomment l’effet « winter is coming », l’hiver étant ici le moment de l’année où la probabilité d’émergence virale est la plus faible et non la saison climatique. Dans ce cas, la stratégie optimale pour contrer l’épidémie naissante ne doit pas reposer sur le Ro, mais tenir compte également de cet effet. Elle doit alors mettre en œuvre des actions énergiques pendant un court intervalle de temps.

Ces actions, cet intervalle et le moment de l’année où il existe dépendent du virus et des conditions environnementales de son apparition. Les deux chercheurs ont mis au point des modèles mathématiques sophistiqués pour les établir, notamment en ce qui concerne le virus Zika.