Un guide pour prescrire une activité physique adaptée


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Pour la HAS (Haute Autorité de santé), l’activité physique (AP) est une «  thérapeutique à part entière  », à mettre en œuvre en préventions primaire, secondaire et tertiaire dans de nombreuses maladies chroniques. Pratiquée régulièrement, ses bénéfices sont «  indiscutables et largement supérieurs à ses risques pour la majorité des adultes.  » Pour aider les praticiens à prescrire une AP adaptée à l’état de santé de leurs patients, la HAS met à leur disposition un guide, copieux, qui donne les principales connaissances sur le sujet. Y sont inclus des référentiels sur six des maladies chroniques les plus fréquentes : le surpoids et l’obésité de l’adulte, le diabète de type 2, l’hypertension artérielle, la maladie coronaire stable, la bronchopneumopathie chronique obstructive et les accidents vasculaires cérébraux. Ses préconisations étant le fruit d’un accord d’experts, la HAS insiste sur le jugement clinique du médecin pour les mettre en œuvre à bon escient.

Elle donne une méthode de prescription d’AP adaptée (APA).

Le médecin doit commencer par repérer les personnes nécessitant un avis médical avant de commencer ou d’intensifier une AP, en soumettant ses patients à l’auto-questionnaire d’aptitude à l’activité physique Q-AAP+ (disponible dans le texte). Chez ceux en ayant besoin, il commencera par une évaluation médicale minimale comprenant : une évaluation du niveau de risque cardio-vasculaire et des autres risques à l’AP, une estimation du niveau habituel d’AP et une appréciation de l’état de motivation pour les AP choisies avec le patient.

Selon les cas, celui-ci pourra justifier :

  • d’une phase de rééducation par un professionnel paramédical préalable à une prescription d’AP régulière dans un but de santé (niveau 1) ;

  • d’une prescription d’AP adaptée supervisée par un professionnel de l’APA (enseignant APA-S ou paramédical) (niveau 2) ;

  • d’un programme écrit d’AP et/ou sportive ordinaire en groupe, avec ou sans supervision, au besoin de sport-santé avec un éducateur sportif formé (niveau 3) ;

  • de conseils oraux ou écrits d’AP et/ou sportifs pour une pratique en solo (niveau 4).
     

Certains patients à risque, en particulier d’événements cardiaques graves à l’AP, ou demandant un accompagnement médical plus important, justifient d’une consultation médicale d’AP dédiée.

Les indications d’examens complémentaires avant la prescription d’APA sont limitées, en dehors de ceux prescrits habituellement pour la ou les pathologies du patient.

Les patients de niveau 2, et parfois de niveau 3, peuvent bénéficier (au mieux) d’un parcours de santé coordonné pluriprofessionnel centré sur la prescription d’AP par le médecin traitant, à l’image des « parcours sport-santé » développés dans certaines villes ou territoires.

Le patient sera encouragé à suivre un mode de vie physiquement plus actif et moins sédentaire que celui adopté jusqu’ici, en restant dans les limites de la sécurité.