Un faible taux de testostérone favoriserait les évènements cardiovasculaires

  • Corona GG & al.
  • J Sex Med
  • 22 août 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

  • Une méta-analyse ayant rassemblé les données de plus de 40.000 hommes issus de 37 études observationnelles montre pour la première fois qu’un taux faible de testostérone permettrait de prédire le risque d’évènements cardiovasculaires (ORa : 1,17). Cette observation vient compléter les données concernant l’impact cardiovasculaire de la testostéronémie en confirmant parallèlement qu’une faible concentration favorise également la mortalité globale ou cardiovasculaire (ORa: 1,26 et 1,54 respectivement). Par ailleurs, le risque de mortalité cardiovasculaire était inversement proportionnel à l’âge moyen à l’inclusion et était associé à la prévalence du diabète et du tabagisme actif.

  • Selon les auteurs, l’interprétation de ces données doit être prudente : il est possible que les médecins traitent plus volontiers un faible taux de testostérone chez les sujets ayant un meilleur état de santé, et que ces derniers réclament plus souvent une prise en charge des troubles liés à l’hypogonadisme que les autres. Ceci pourrait expliquer leur moindre risque de décès cardiovasculaire.

  • Pour autant, une testostéronémie basse pourrait jouer un rôle déterminant dans le risque cardiovasculaire résiduel. Ils suggèrent que des études soient dédiées à la prise en charge de cet hypogonadisme afin d’évaluer si un traitement approprié peut modifier le pronostic.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

L’influence des hormones sexuelles sur les disparités d’espérance de vie entre hommes et femmes reste un sujet à débat. Le rôle de la testostérone dans cette équation est mis en avant, d’autant que certaines données suggèrent que la diminution de sa concentration liée à l’âge est associée à une altération du pronostic cardiovasculaire et du profil métabolique, que ce soit dans la population générale ou parmi un sous-groupe souffrant de maladie cardiovasculaire. Afin de mieux décrire la relation entre l’hormone sexuelle et le pronostic, des chercheurs italiens ont choisi de compiler les études observationnelles dédiées au sujet.

Méthodologie

  • La méta-analyse visait à compiler les données de toutes les études observationnelles anglophones parues entre 1969 et 2017 et qui ont décrit le suivi cardiovasculaire de cohortes d’hommes selon leur taux de testostérone.

  • Les critères principaux étaient l’évaluation de la mortalité toutes causes et de la mortalité cardiovasculaire, tandis que le critère secondaire était l’évaluation de la morbidité cardiovasculaire.

Principaux résultats

  • À partir de 30 études ayant évalué la mortalité toutes causes (36.507 sujets, âge moyen 63,7 ans, pas de biais majeur de publication), un faible taux de testostérone était associé à un risque accru (ORa 1,26 [1,17-1,36], p

  • À partir de 17 études ayant évalué la mortalité cardiovasculaire (27.032 sujets, âge moyen 63,2 ans, biais majeur de publication), un faible taux de testostérone était associé à un risque accru (ORa 1,54 [1,25-1,89], p

  • Enfin, 9 études se sont intéressées à la morbidité cardiovasculaire (10.479 sujets, âge moyen 60,2 ans, pas de biais majeur de publication) : ensemble, elles décrivent un lien entre un faible taux de testostérone et un risque accru d’évènements (ORa 1,17 [1,01-1,36], p

Principales limitations

  • Les associations décrites ici ne permettent pas de confirmer un lien de causalité.

  • Il n’était pas possible de différencier les hypogonadismes organiques et fonctionnels.

  • Des facteurs potentiels de confusion ont pu échapper à l’analyse.