Un effet protecteur des flavonoïdes contre l’action athérogène du tabac et de l’alcool

  • Dalgaard F & al.
  • Lancet Planet Health
  • 1 nov. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette étude danoise montre qu’un apport modéré de flavonoïdes est inversement associé au risque d’hospitalisation pour des pathologies cardiovasculaires liées à l’athérosclérose, avec toutefois un plateau atteint à partir de 1.000 mg/j.
  • Ces résultats sont davantage marqués pour les populations à risque athérogène élevé, notamment chez les fumeurs et les sujets consommant plus de 20g d’alcool par jour.
  • S’ils étaient confirmés, ils pourraient amener à encourager ces patients à risque à augmenter leur consommation d’aliments riches en flavonoïdes, en plus d’une incitation à réduire leur consommation d’alcool ou de tabac.

 

Plus de la moitié des maladies cardiovasculaires sont associées à des facteurs de risque alimentaires et souvent à une faible consommation de fruits et de légumes. Cet effet protecteur des fruits et légumes est attribué au moins en partie à leur teneur en flavonoïdes. Plusieurs études ont en effet suggéré que ces derniers pourraient limiter l’initiation et la progression de l’athérosclérose. Mais l’association entre la consommation de flavonoïdes et le développement de la pathologie nécessitait d’être explorée dans le cadre d’études épidémiologiques longitudinales en population générale et au sein de populations à risque. Cette démarche a été entreprise par une équipe danoise qui vient de publier ses résultats dans The Lancet Planetary Health.

Mesure de la consommation de flavonoïdes chez des sujets sans antécédents cardiovasculaires

Cette étude prospective a utilisé les données de la cohorte Danish Diet, Cancer, and Health study dont l’objectif était de rechercher des liens entre nutrition et cancer. Les patients de cette cohorte avaient entre 50 et 65 ans et avaient remplis un questionnaire de fréquence alimentaire à l’inclusion. L’exposition aux flavonoïdes a ainsi pu être estimée. Ces données ont été croisées au niveau individuel avec celles de différents registres nationaux danois de façon à identifier ceux qui étaient hospitalisés pour la première fois pour une maladie cardiovasculaire liée à l’athérosclérose (pathologie cardiaque ou AVC d’origine ischémique, maladie artérielle périphérique). Ceux qui avaient des antécédents de maladie cardiovasculaire étaient exclus. L’analyse a été menée à partir de 53.552 participants suivis sur une durée médiane de 21 ans (âge médian 56 ans). Au cours de cette période, 8.773 participants ont été hospitalisés pour une maladie cardiovasculaire liée à l’athérosclérose.

Un effet protecteur des flavonoïdes plus marqué chez les populations à risque

Une association inverse non linéaire a pu être observée entre la consommation de flavonoïdes totaux et les hospitalisations liées à ce type de pathologie, avec un plateau atteint à partir de 1.000 mg/j. Et cette association était maintenue après ajustement sur différents facteurs confondants. Par comparaison aux sujets qui ne consommaient que 175 mg/j (valeur médiane du quintile inférieur), ceux qui en absorbaient 1.000 mg avaient un risque d’hospitalisation réduit de 14% (Hazard ratio : 0,86 [0,81-0,91]). Lorsque l’analyse était faite en fonction du type de pathologie, le risque était diminué de 9% pour les pathologies cardiaques ischémiques (HR 0,91 [0,85-0,98]), de 9% également pour les AVC ischémiques mais de façon non significative (HR 0,91 [0,82-1,01]), et de 32% pour les maladies artérielles périphériques (HR 0,68 [0,60-0,78]). Et cette association inverse entre consommation de flavonoïdes et risque d’hospitalisation pour une pathologie liée à l’athérosclérose était plus étroite chez les fumeurs que chez les non fumeurs (et d’autant plus marquée que la consommation de tabac était importante), ainsi que chez les sujets à forte consommation d’alcool (>20g/j) par comparaison à ceux dont la consommation était plus modérée (≤20g/j). Les auteurs rappellent que des doses de 1.000 mg de flavonoïdes sont facilement atteignables par la consommation de 2 tasses de thé noir, 100g de myrtilles, une pomme, un verre de vin rouge, 100g de haricots noirs ou de chocolat noir.