Un effet protecteur des acides gras polyinsaturés sur la mortalité des diabétiques de type 2

  • Jiao J & al.
  • BMJ
  • 2 juil. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude américaine réalisée chez des diabétiques de type 2 issus de deux cohortes de professionnels de santé, montre une association inverse entre l’apport alimentaire d’acides gras poly-insaturés et la mortalité d’origine cardiovasculaire et toutes causes.
  • Cet effet semble particulièrement marqué avec les oméga-3 d’origine marine et l’acide linoléique.
  • Ces résultats suggèrent que le fait de remplacer les acides gras saturés ou les hydrates de carbone par des acides gras polyinsaturés pourrait améliorer la durée de vie des diabétiques de type 2.

 

Le risque de maladie cardiovasculaire est multiplié par 2 ou 3 chez les diabétiques de type 2 par rapport à la population générale. Dès lors, les recommandations alimentaires visant à limiter l’apport d’acides gras trans et à remplacer les acides gras saturés par des acides gras insaturés oméga-3 peuvent-elles avoir les mêmes bénéfices chez les diabétiques de type 2 que dans la population générale ? Cette question n’a pas été explorée. Une équipe américaine a donc recherché s’il existait une association entre les apports alimentaires en acides gras et la mortalité cardiovasculaire et toutes causes dans cette population à risque.

Évaluation de la consommation en acides gras de deux cohortes de professionnels de santé

Cette étude prospective longitudinale s’est basée sur le suivi de deux cohortes de professionnels de santé, une cohorte de femmes, la Nurses’Health Study, et une d’hommes, la Health Professionnals Follow-up Study. Dans ces 2 cohortes, les informations concernant le mode de vie, les antécédents médicaux et les pathologies actuelles, avaient été collectées tous les deux ans par des questionnaires validés. Les apports alimentaires étaient évalués par des questionnaires de fréquence de consommation semi-quantitatifs tous les 2 à 4 ans, et les décès recherchés auprès du registre national ou de la poste. L’analyse a porté sur tous les cas de diabètes de type 2 prévalents à l’inclusion ou survenus en cours de suivi.

Un bénéfice d’une consommation élevée en acides gras polyinsaturés sur la mortalité

Parmi les diabétiques de type 2 suivis, 2.502 décès ont été constatés, dont 646 décès d’origine cardiovasculaire, au cours d’une période de suivi moyenne de 11 ans. En analyse multivariée, une association inverse a pu être observée entre apport en acide gras polyinsaturé (PUFAs) et les décès d’origine cardiovasculaire. Ainsi les sujets qui avaient un apport en PUFAs totaux appartenant au quartile le plus élevé avaient un risque cardiovasculaire réduit de 24% par rapport à ceux qui appartenaient au quartile le plus bas. Entre ces mêmes quartiles, le risque était réduit de 31% et 25% pour les oméga-3 d’origine marine et l’acide linoléique respectivement. Des associations équivalentes étaient retrouvées pour la mortalité toutes causes. À l’inverse, les acides gras mono-insaturés d’origine animale (mais pas végétale) ont pu être associés à une augmentation de la mortalité toutes causes. La mortalité d’origine cardiovasculaire était réduite de 13% (12% pour la mortalité toutes causes) lorsque 2% de l’apport énergétique lié aux acides gras saturés étaient remplacés par des PUFAs totaux, et de 15% lorsqu’ils étaient remplacés par de l’acide linoléique.