Un effet durable des TCC dans les troubles anxieux

  • van Dis EAM & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 23 nov. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette revue de la littérature et méta-analyse montre que les thérapies cognitives et comportementales (TCC) sont capables de réduire les symptômes de différents troubles anxieux jusqu’à un an après la fin de la thérapie, avec une taille d’effet modeste à importante selon les troubles considérés.
  • Le bénéfice perdure de façon significative au-delà de 12 mois pour les troubles anxieux généralisés, l’anxiété sociale et les troubles de stress post-traumatique, avec une taille d’effet respectivement modeste, moyenne et importante. Mais cet effet ne se maintient pas sur la durée pour les troubles panique. Les taux de rechutes semblent globalement bas (0%-14%).
  • L’hétérogénéité statistique et le faible nombre d’études ayant exploré l’effet des TCC à long terme nécessitent de confirmer ces résultats par de nouveaux essais.

 

Les thérapies cognitives et comportementales ont apporté la preuve de leurs bénéfices à court terme pour la réduction des troubles anxieux, avec une taille d’effet faible à modérée. Mais malgré le caractère chronique de ces troubles, peu de méta-analyses se sont intéressées à la durabilité de leur bénéfice. Une revue systématique et méta-analyse néerlandaise a rassemblé tous les essais contrôlés randomisés ayant évalué les effets d’une TCC chez des sujets souffrant de différents troubles anxieux de stress post-traumatique ou de troubles obsessionnels compulsifs, et vient de publier ses résultats dans le JAMA Psychiatry. Pour être incluses dans l’analyse, les études devaient disposer d’un suivi des participants d’un mois minimum. La taille d’effet de la TCC était calculée juste après le traitement, puis à différents temps et jusqu’à plus d’un an post-traitement.

Un effet qui se maintient à 1 an

Au vu des résultats des 69 essais retenus représentant 4.118 patients ambulatoires, les TCC ont permis d’obtenir de meilleurs résultats que le bras contrôle de 1 à 6 mois post-traitement et 6 à 12 mois après, avec une taille d’effet modeste pour les troubles anxieux généralisés et les troubles paniques avec ou sans agoraphobie, une taille d’effet moyenne pour l’anxiété sociale, et importante pour les phobies spécifiques, les troubles de stress post-traumatique et les troubles obsessionnels compulsifs.

Au-delà d’un an les TCC étaient toujours associées à un bénéfice par rapport au groupe contrôle, avec une taille d’effet faible pour les troubles anxieux généralisés, moyenne pour l’anxiété sociale et importante pour les troubles de stress post-traumatique. Mais l’effet ne se maintenait pas pour le trouble panique, et n’a pu être calculé pour les phobies spécifiques et les troubles obsessionnels compulsifs en raison de l’absence de données au-delà de 6 mois.

Des résultats moins fiables concernant les taux de rechute

Seuls 6 essais de faibles envergure ont rapporté les taux de rechute après une TCC jugée efficace en fin de traitement, 5 concernant les troubles paniques et 1 les troubles obsessionnels compulsifs. Leurs résultats montrent des taux de rechute faibles allant de 0% à 14% après 3 à 12 mois. Mais aucune étude n’a exploré ces taux au-delà d’un an.