Un effet cardioprotecteur de la metformine chez les patients prédiabétiques ?

  • Mohan M & al.
  • Eur Heart J
  • 17 avr. 2019

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

Chez des patients avec hypertrophie ventriculaire gauche (HVG) et coronaropathie, et ayant un prédiabète, un traitement par metformine a permis d’obtenir une réduction significative de l’HVG par rapport au placebo. Cette évolution était indépendante de la résistance à l’insuline. D’autres paramètres ont également été améliorés, notamment les marqueurs de l’obésité, la pression artérielle systolique et les marqueurs du stress oxydatif. Ces résultats viennent renforcer la possibilité d’un effet protecteur de la metformine contre le remodelage et l’hypertrophie cardiaques, indépendamment du statut diabétique. Plusieurs modes d’action sont actuellement discutés.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

L’HVG est fréquente chez les sujets souffrant de coronaropathie et elle est considérée comme un important facteur pronostique d’événements cardiovasculaires majeurs. Le contrôle de la pression artérielle permet souvent de la réduire, mais elle persiste tout de même chez 20% des sujets ayant atteint leur objectif cible. D’autres facteurs joueraient un rôle essentiel dans cette pathologie comme la résistance à l’insuline ou l’obésité centrale. Différents éléments de la littérature ont suggéré que la metformine pourrait aider à minimiser ces paramètres et à réduire l’HVG. Aussi, une équipe britannique a-t-elle entrepris de tester cette hypothèse chez des patients non diabétiques souffrant de maladie coronarienne.

Méthodologie 

L’étude MET-REMODEL est un essai contrôlé réalisé en double aveugle qui a recruté des patients avec HVG et souffrant d’une coronaropathie, non diabétiques mais ayant une résistance à l’insuline et/ou un prédiabète, pour recevoir de la metformine à libération prolongée (XL, 1000 mg 2x/j) ou bien un placebo durant 12 mois. Ces patients recevaient par ailleurs un traitement conventionnel optimisé. Une IRM cardiaque 3T était réalisée à l’inclusion et en fin de traitement pour évaluer l’HVG.

Résultats 

  • Soixante huit patients âgés de 65 ans en moyenne ont été inclus, 34 dans le groupe metformine et autant dans le groupe placebo.
  • Dans l’analyse en intention de traiter, la metformine a permis de réduire la masse du ventricule gauche indexée sur la taille (MVGIT) avec une différence significative par comparaison au placebo (différence moyenne absolue -1,37 [-2,63 à -0,12], p=0,033). Un résultat retrouvé dans l’analyse per protocol.
  • Parmi les critères secondaires, la metformine a également réduit de façon significative l’hypertrophie ventriculaire gauche (p=0,032), le poids corporel (p=0,001), l’adiposité sous-cutanée (mais pas abdominale, p=0,024), la pression artérielle systolique (p=0,022) et les marqueurs du stress oxydatif (p=0,04).
  • En revanche, peu de différences ont été observées entre les deux groupes concernant les paramètres glycémiques (glycémie à jeun, insuline à jeun, HbA1c ou résistance à l’insuline à jeun).
  • Les événements indésirables sont apparus avec des fréquences similaires dans les deux groupes, la plupart transitoires et d’intensité légère à modérée. Il s’agissait essentiellement de troubles gastro-intestinaux dans le groupe metformine (diarrhées, flatulences, inconfort intestinal).

Limitation

Étude monocentrique comportant un faible nombre de patients.