Un continuum probable entre la capacité respiratoire du sujet jeune et le pronostic cardiovasculaire

  • Cuttica MJ & al.
  • J Am Heart Assoc
  • 18 déc. 2018

  • de Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • L’étude prospective CARDIA qui a suivi durant 30 ans une cohorte d’adultes jeunes ayant bénéficié d’une évaluation de la fonction respiratoire (EFR) à l’inclusion a permis de décrire qu’il existerait un continuum entre la santé pulmonaire (VEMS, rapport VEMS/CVF) et le risque d’évènements cardiovasculaires. Ainsi, une diminution de 10% du volume expiré maximal par seconde (VEMS) ou de 10% de la capacité vitale forcée (CVF) par rapport à la valeur prédite se traduirait par un risque d’évènement cardiovasculaire (hazard ratio -HR- de 1,18 et 1,19, p significatif), et ce indépendamment des facteurs de risque traditionnels. Cette association serait plus spécifiquement vérifiée pour les évènements cérébrovasculaires et l’insuffisance cardiaque, et non pour les coronaropathies.

  • Ce résultat conforte l’idée que l’évaluation de la fonction pulmonaire (EFR) des adultes jeunes est primordial pour repérer ceux présentant une pathologie avérée mais aussi ceux qui sont à risque de complications cardiovasculaires et pulmonaires ultérieures, dans l’optique d’une prévention adaptée.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Le lien entre la santé pulmonaire précoce et le risque de pathologies respiratoires et cardiovasculaires ultérieures est de mieux en mieux décrit. Cette nouvelle analyse de l’étude CARDIA visait à évaluer s’il existait des spécificités selon le phénotype des évènements cardiovasculaires.

Méthodologie

L’étude CARDIA est une étude prospective américaine qui a recruté des jeunes de 18 à 30 ans entre 1985 et 1986. La cohorte a bénéficié d’un EFR à l’inclusion, et après 2, 5, 10 et 20 ans, et d’un suivi global sur 30 ans. Les évènements cardiovasculaires, cérébrovasculaires et les décès ont été recensés. Une partie de la cohorte a également bénéficié d’une évaluation du score calcique coronaire (Agatson) et d’une mesure de l’épaisseur de l’intima-média (EIM) de la carotide commune.

Principaux résultats

  • Au total, 4.761 patients ont été inclus dans l’étude (en moyenne : 24,9 ans, 55,7% de non-fumeurs, VEMS 97,8% de celui prédit, 3,49% de sujets présentant VEMS/CVF

  • De faibles valeurs du VEMS et de la CVF à l’inclusion étaient associées à un risque plus élevé d'événements cardiovasculaires : le HR était de 1,18 [1,06–1,31] et de 1,19 [1,06 à 1,33] pour chaque diminution de 10 points de pourcentage par rapport à la valeur prédite, après ajustement sur les facteurs de risque traditionnels (tabac, biologie). Une association de même type était retrouvée pour les valeurs de l’EFR à 10 ans mais elle n’était plus significative à 20 ans.

  • L’analyse séparée des différents évènements a permis de confirmer l’association pour les seuls évènements cérébrovasculaires pris isolément. Seule la valeur CVF était prédictive du risque ultérieur d’insuffisance cardiaque, et aucune association n’a été identifiée entre les valeurs de l’EFR et les évènements liés aux coronaropathies.

  • Les valeurs de VEMS et de VEMS/CVF à l’inclusion étaient inversement associées à l’EIM maximale moyenne de la carotide commune.

  • Enfin, à 10 ans les valeurs du VEMS et de la CVF étaient associées à la survenue du diabète à 20 ans (respectivement 1,18 [1,03-1,36] et 1,27 [1,10-1,48]).

Principales limitations

Les mécanismes expliquant ces associations ne peuvent être établis.