Un carnet de vaccination sous la peau : réalité ou science-fiction ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Il est souvent difficile de connaître le statut vaccinal des enfants dans les pays en développement (certificat papier erroné ou perdu)
  • Pour pallier ce problème, des scientifiques américains ont mis au point des microparticules qui peuvent être injectées sous la peau en même temps que les vaccins. Invisibles à l’œil nu, elles apparaissent fluorescentes avec un smartphone
  • Ces particules permettraient de former un symbole témoignant de l’injection d’un vaccin : ce serait comme un carnet de vaccination sous-cutané !

 

Une des barrières à l’amélioration de la couverture vaccinale dans les pays en développement est l’incapacité à connaître précisément le statut vaccinal de certains enfants. En effet, les certificats ou cartes de vaccination en format papier sont les plus utilisés mais peuvent contenir des erreurs ou être mal conservés par les familles. Des scientifiques américains ont alors cherché une solution peu coûteuse et facile à utiliser pour pallier ce problème : ils ont envisagé que des informations, comme le statut vaccinal, puissent être codées sous la peau de manière invisible.

Les chercheurs américains ont ainsi développé des microparticules qui peuvent être injectées sous la peau et émettent une lumière fluorescente invisible à l'oeil nu, mais visible à l’aide d’un smartphone adapté. Ces microparticules sont injectées à l’aide d’un patch muni de plusieurs microaiguilles qui se dissolvent une fois injectées. Elles laissent derrière elles les microparticules fluorescentes réparties selon un symbole spécifique, par exemple en forme de cercle, de croix ou de rectangle. L’objectif serait de pouvoir injecter ces microparticules en même temps que le vaccin. Le symbole pourrait ensuite être visualisé pendant plusieurs années à l’aide d’un smartphone, ce qui prouverait que le vaccin correspondant a bien été injecté.

Cette méthode a démontré sa résistance à la simulation de 5 années d’exposition au soleil sur de la peau cadavérique pigmentée et a pour l’instant été testée in vivo sur des rats. Bien que cela semble relever de la science-fiction, cette méthode pourrait bientôt être testée chez l’Homme …

On peut tout de même relever quelques limites à cette technique, comme le fait qu’elle pourra être utile pour identifier les enfants non-vaccinés uniquement si elle devient l'outil exclusif de vaccination. De plus, il n’est pas certain que les patients accepteront de multiples marquages sous la peau (un pour chaque vaccin). On peut également se demander comment vont évoluer ces symboles quand les enfants grandiront et que les microparticules risquent donc de bouger les unes par rapport aux autres…