Un cadeau de dernière minute ? Offrez un voyage plutôt qu'un smartphone, ils favorisent la reconnaissance et la générosité !

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Le sentiment de reconnaissance favorise l'optimisme et le bien-être. Il facilite aussi la cohésion sociale en motivant les personnes à rendre en retour aux personnes qui ont été généreuses avec elles, mais aussi en les rendant plus généreuses à leur tour envers les autres d'une manière générale.

L'impact de la consommation de biens matériels ou immatériels sur la satisfaction personnelle a fait l'objet de nombreuses études. Il a été montré que les expériences vécues rendaient plus heureux et satisfaits que les objets achetés. Anticiper un tel achat favoriserait aussi une meilleure humeur de la part du consommateur. En effet, les biens immatériels favoriseraient la cohésion sociale, contribueraient à l'identité de la personne et seraient moins susceptibles de susciter des comparaisons sociales. Des chercheurs en psychologie ont souhaité savoir dans quelle mesure la gratitude tirée des biens matériels était distincte de celle des biens immatériels et de quelle manière elle se maintenait dans le temps. Pour cela, ils ont conduit une série d'expériences sur le sujet.

Méthodologie

  • Dans la première étude (n=95 sujets, 35 femmes), les participants devaient décrire leur plus récent achat d'objet et d'expérience (<100 dollars). Ils devaient décrire leur sentiment sur ces achats et définir celui qui leur avait procuré le plus de plaisir.

  • Dans une deuxième expérience, les participants étaient invités à décrire spontanément l'un ou l'autre de ce type d'achat (<100 dollars), selon leur préférence. Ils devaient ensuite répondre à une série de questions sur le plaisir qu'ils en avaient tiré, cotées de 1 à 9 (« Quand vous repensez à cet achat, quel plaisir ressentez-vous ? », « dans quelle mesure diriez-vous que cet achat était de l'argent bien dépensé ? »…). Cette étape permet d’éviter le biais possible lié aux participants du premier groupe sur la nécessité de privilégier l'achat immatériel pour être mieux perçus des expérimentateurs.

  • Dans la troisième expérience, les chercheurs ont analysé 1.200 commentaires sélectionnés aléatoirement parmi les commentaires de consommateurs sur internet (TripAdvisor pour les hôtels et restaurants, Yelp pour les loisirs, les voyages et les hôtels, Amazon pour les meubles et les vêtements, CNET pour les objets technologiques). Ces commentaires étaient passés en revue par deux analystes différents et non informés de l'objectif de l'étude : ils devaient coter les commentaires entre 1 et 3 selon le degré croissant de reconnaissance (leur cotation, convergeante dans 83,7 % des cas, était prise en compte; la moyenne des deux était prise dans les autres cas).

  • La quatrième expérience visait à évaluer l'impact du bien-être tiré de l'achat sur son propre environnement. Les participants étaient d'abord invités à se souvenir de la dépense la plus significative à leurs yeux, faite au cours des 5 dernières années. Dans une seconde étape, ils étaient invités à participer au jeu du 'dictateur' : chacun devait répartir un montant (10 dollars) entre lui et un autre participant qu'il ne rencontrait pas. Il recevait ensuite le montant qu'il avait indiqué, et il leur était précisé que l'autre participant recevrait le reste de la somme.

Résultats

  • Dans la première expérience, le prix moyen des achats était identique, qu’il s’agisse d’un objet ou d’une expérience. Cependant, 63,2% des participants avaient indiqué avoir ressenti plus de plaisir de leur achat immatériel que matériel.

  • Dans la seconde expérience, le groupe de ceux qui avaient décrit un achat immatériel avaient rapporté un plus fort sentiment de reconnaissance que les autres. Ce sentiment n'était pas dépendant du temps écoulé depuis cet achat ni de son prix.

  • Dans la troisième expérience, les achats de biens immatériels suscitaient plus de commentaires que les objets. Par ailleurs, la gratitude exprimée était plus forte dans ce cas.

  • Dans la quatrième expérience, ceux qui avaient spontanément évoqués un achat immatériel étaient ceux qui avaient alloués le plus d'argent à l'autre participant (3,96 contre 2,67 dollars), indiquant que le bénéfice tiré des expériences se prolongeait au-delà de sa propre personne.

À retenir

La consommation de produits ou des biens immatériels renforce le bien être et la reconnaissance. Ceci passe sans doute par le fait que les personnes concernées sont socialement plus connectées que lorsqu'elles consomment des biens matériels. En se sentant plus proche des autres, elles développent un sentiment plus altruiste. Face au bénéfice tiré des expériences vécues à travers les sorties, l’art, les voyages… les auteurs suggèrent que la place des évènements et des espaces publics, ainsi que de l'art, soit renforcé pour renforcer la cohésion sociale.