Un besoin impérieux et soudain d’uriner

  • Dr Jean-Fred Warlin

  • JIM Actualités médicales
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La vessie hyperactive (VHA), caractérisée par un besoin impérieux et soudain d'uriner, est en règle accompagnée par une pollakiurie diurne et nocturne, et parfois par une incontinence. Les causes en sont multiples, urologiques (sténose du col) ou non (diabète), mais le vieillissement l'aggraverait. Le facteur de croissance nerveuse (NGF) pourrait être un biomarqueur utile au diagnostic de VHA, si l'on admet qu'il serait le médiateur de l'activité afférente du réflexe mictionnel. Il est d'ailleurs plus élevé dans les VHA avec incontinence (VHAI) que sans (VHAS). Les auteurs chinois ont comparé les taux de NGF à 5 ans d'intervalle ou plus, et les ont corrélés avec l'évolution de la VAH, sur les plans clinique et urodynamique. Après exclusion des malades souffrant de vessie neurologique, cystite interstitielle, avec des antécédents chirurgicaux vésico-prostatiques ou déjà traités, il restait 75 malades (45 hommes) éligibles pour l'étude.

Les patients ont répondu à un questionnaire qui chiffrait de 0 à 5 l'impériosité de leurs mictions (5 signifiant l'incapacité à retenir ses urines). L'existence d'une perte d'urines dans les 3 jours de l'agenda des mictions classait le malade dans la catégorie des VHAI. Une vessie contenant

Les patients (âge moyen 73 ans) ont été suivis pendant au moins 5 ans. Si on considère que, du meilleur au pire, on a les 4 stades : normal, VHS, VHAS et VHAI, on a constaté qu'en 5 ans, parmi les 44 patients avec VHAS, il y a eu 41 % d'améliorations, 25 % d'aggravations et 34 % d'inchangés, mais 45 % d'améliorations et 55 % d'inchangés chez les 31 avec VHAI. Quant au score d'impériosité des mictions, il s'est amélioré, aggravé ou stabilisé chez 44, 39 et 17 % des malades. L'urodynamique, qui distingue VHS et VHD, montre 30, 19 et 51 % d'améliorations, aggravations et stabilisations. Enfin, le rapport NGF/créatinine n'est pas significativement modifié à 5 ans dans les différentes catégories ; toutefois, il est inversement corrélé aux épreuves urodynamiques (il diminue en cas d'amélioration, augmente en cas d'aggravation, et reste stable quand l'urodynamique l'est aussi).

Les épreuves urodynamiques sont donc suffisantes pour établir une modification dans le profil évolutif de l'hyperactivité vésicale, et le dosage du facteur de croissance nerveuse n'apporte rien.