Un autre regard sur la maladie de Gaucher de type 1

  • Dr Roseline Péluchon

  • JIM Actualités médicales
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

Dans la majorité des travaux consacrés à la maladie de Gaucher, le diagnostic de la maladie est porté sur des signes cliniques et le dosage de l'enzyme déficiente, la glucocérébrosidase, sur les leucocytes circulants. Les avancées de la génétique et le dépistage des parents porteurs de la mutation permettent désormais de porter le diagnostic avant même la naissance ou dès les premiers jours de vie. Rappelons que la maladie de Gaucher est de transmission autosomique récessive et due à des mutations du gène GBA (1q21) qui code pour la glucocérébrosidase.

Il est donc désormais possible d'observer la maladie sous un autre angle, celui du suivi pré-symptomatique des enfants. C'est ce qu'a réalisé une équipe états-unienne qui rapporte les constatations du suivi longitudinal d'une cohorte d'enfants chez lesquels le diagnostic a été porté en prénatal ou en post-natal par test de génétique moléculaire. Les parents de ces enfants étaient porteurs de mutations du gène GBA, identifiés par un programme de dépistage systématique des sujets porteurs.

Une maladie peu sévère pour 95 % des enfants

Le suivi de ces 38 enfants, âgés de 1 à 18 ans, a commencé en 1998 pour se terminer en 2016. Trente deux enfants étaient homozygotes (p.N409S/p.N409S) et 6 hétérozygotes (p.N409S/p.R535H).

Au moment de la dernière évaluation réalisée, le signe clinique le plus fréquent était l'hépatomégalie, modérée, retrouvée chez 74 % des enfants. La splénomégalie n'était présente que dans 12 % des cas, les anomalies hématologiques chez 5 %, osseuses chez 15 % et des troubles de la croissance chez 19 %. L'activité de la chitotriosidase, marqueur sérique de la surcharge macrophagique, varie notablement entre les enfants, mais a tendance à augmenter avec l'âge. Au long du suivi, le score moyen de sévérité de la maladie est restée stable, témoignant d'une maladie peu sévère pour 95 % des enfants. Un traitement a été instauré au cours de l'étude pour 4 patients, du fait de la progressivité de la maladie.

Cette étude montre que, dans les conditions précises dans lesquelles elle a été réalisée (dépistage systématique et prise en charge des familles en conseil génétique), les enfants porteurs des génotypes p.N409S/p.N409S et p.N409S/p.R535H de la maladie de Gaucher n'ont le plus souvent que des manifestations bénignes de la maladie et que le suivi peut se faire sur descritères simples. Les auteurs précisent que les porteurs d'autres mutations peuvent nécessiter d'une prise en charge différente.