Un arbre décisionnel simple pour identifier les enfants fébriles sans infection bactérienne grave

  • Kuppermann N & al.
  • JAMA Pediatr
  • 18 févr. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

À partir d’une règle de prédiction simple reposant sur trois paramètres cliniques - résultats des analyses urinaires, nombre absolu de neutrophiles et taux de procalcitonine -, il serait possible d’identifier les enfants de moins de 60 jours présentant de la fièvre et pour lesquels la probabilité d’infection bactérienne grave est faible. Ce résultat est intéressant car il permet d’envisager le repérage des jeunes enfants pour lesquels il serait possible de réduire le recours aux examens invasifs (ponction lombaire), à des traitements antibiotiques inutiles ou à certaines hospitalisations.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Dans les premières semaines de vie, les enfants présentant une infection bactérienne grave (bactériémie, septicémie, infection urinaire) présentent parallèlement peu de symptômes spécifiques hormis la fièvre. Repérer les enfants concernés pour leur proposer précocement une prise en charge adaptée, tout en limitant le recours aux traitements ou explorations inutiles pour les autres constitue un objectif important.

Méthodologie

  • L’étude a été menée dans 26 services d’urgences américains, et auprès de 1.821 enfants recrutés prospectivement randomisés entre une cohorte de dérivation et une cohorte de validation.
  • Les enfants devaient présenter une température d’au moins 38°C sans maladie pré-existante, signes cliniques graves, antécédents de prématurité ou traitement antibiotique, dans les 48 heures précédant l’inclusion.

Principaux résultats

  • Parmi les 1.821 enfants recrutés, tous ont bénéficié d’une mesure du taux de procalcitonine, 99,2% ont bénéficié d’une NFS, 97,5% d’une analyse d'urine et 76,8% d’une ponction lombaire. Une infection bactérienne grave a été diagnostiquée chez 9,3% des sujets de la cohorte, avec 8,3% d’infections urinaires, 1,4% de bactériémies et 0,5% de méningites bactériennes, tandis que 0,9% présentaient au moins deux de ces infections. Parmi eux, 908 ont été alloués à la cohorte de dérivation et 913 à celle de validation, sans différence clinique ou sociodémographique entre les deux.
  • Un arbre décisionnel portant sur trois variables - analyse d'urine négative, nombre de neutrophiles
  • Une fois les enfants présentant une infection urinaire écartés, l’arbre décisionnel présentait une sensibilité de 96,7% et une spécificité de 61,5%.

Limitations

Aucun biomarqueur autre que la procalcitonine n’a été utilisé.