UEGW : Anticoaguler les patients cirrhotiques avec une thrombose de la veine porte : une (fausse) bonne idée ?

  • Dr Dominique-Jean Bouilliez

  • JIM Actualités des congrès
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La question est pertinente. Elle a été analysée et l'intérêt de l'anticoagulation nuancé par Andrea De Gottardi (Lugano) et Virginia Hernandez-Gea (Barcelona) dans le cadre de la session plénière II du congrès de l'UEG (United European Gastroenterology).

Faut-il anticoaguler en cas de thrombose de la veine porte (TVP) de stade 1 chez un patient cirrhotique décompensé ? La tentation est forte de répondre par l'affirmative lorsque le patient est candidat à une transplantation et que l'on se trouve devant une thrombose du tronc principal de la veine porte en progression ou en cas d'extension de la thrombose à la veine mésentérique supérieure. Cette réponse affirmative doit cependant être nuancée par la présence de varices œsophagiennes qui sont un frein à la prescription d'anticoagulants sauf en cas d'extension de la thrombose, en présence de complications (ischémie intestinale) ou de haut risque thrombotique (thrombophilie). Le risque de saignement des varices est en effet bien réel, qu'il y ait ou non thrombose de la veine porte. Ce qui implique de traiter ces varices, idéalement avec des bêtabloquants non sélectifs.

La présence d'une thrombophilie, liée au fait que les plaquettes des patients cirrhotiques répondent plus à leurs agonistes physiologiques que dans la population générale, est un autre élément à prendre en compte. Ce facteur est d'autant plus préoccupant que la cirrhose est associée à une augmentation des facteurs procoagulants et une réduction des facteurs anticoagulants, ce qui se traduit notamment par une réduction de la capacité de dissoudre les caillots de fibrine. Mais, comme l'ont souligné les auteurs : « l'incidence des saignements augmente également chez ces patients et il faut rester prudents ».

Réagir au cas par cas



Ne pas anticoaguler à tout prix



Primum non nocere