Tunisie : l’Ordre des médecins s’oppose aux tests anaux destinés à révéler une homosexualité

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Paris, le mardi 18 avril 2017 - En septembre 2015, l'affaire d'un jeune étudiant tunisien condamné à un an de prison ferme pour pratique homosexuelle avait provoqué de nombreux débats dans le pays et entraîné une mobilisation d'une partie de la société civile aboutissant à l'annulation de la sentence. Si de nombreuses organisations civiles ont alors réclamé l'abrogation de l'article 230 du code pénal tunisien - promulgué en 1913 sous le protectorat français - qui condamne les relations consenties entre adultes du même sexe, l'opinion s'est également émue de la pratique dite du "test anal" effectuée par des médecins réquisitionnés par un procureur.

Outre le fait que ces examens s'appuient sur des théories élaborées au XIXe siècle et largement discréditées depuis, leur caractère dégradant et attentatoire à la dignité a conduit le Comité des Nations Unies contre la torture à les condamner en mai 2016. Par ailleurs, le Service européen pour l'action extérieure a, en janvier 2017, demandé à la Tunisie de mettre immédiatement fin à de telles pratiques lors d'un dialogue entre l'Union européenne et la Tunisie relatif aux droits de l'Homme. Dans le pays même, la polémique a refait surface en mars denier suite à de nouvelles arrestations pour délit d'homosexualité qui ont donné lieu à une prise de position attendue de l'Ordre des médecins sur cette question.

Atteinte à la dignité

Dans un communiqué en date du 3 avril, le Cons...