Tuberculose : où en est-on en France ?

  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Incidence stable de la tuberculose en France en 2019 (7,6 cas pour 100.000 habitants)
  • Disparité populationnelle : sans domicile fixe, détenus et personnes nées hors de France particulièrement touchés
  • Disparité régionale : Guyane, Ile-de-France (36% des cas, notamment Seine-Saint Denis) et Mayotte ayant les incidences les plus élevées
  • Vaccination fortement recommandée pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose

Santé publique France a publié les données de surveillance de la tuberculose pour l’année 2019, en France :

  • 5.116 cas ont été déclarés, soit un taux d’incidence de 7,6 cas pour 100.000 habitants, sachant que depuis 10 ans cette incidence est comprise entre 7,1 et 8,0.
  • 75 cas de tuberculoses multirésistantes (MDR) en 2019, contre 82 en 2018.

Les mêmes disparités populationnelles et territoriales demeurent :

  • 3 catégories de la population particulièrement touchées et devant faire l’objet d’une attention particulière : sans domicile fixe, détenus et personnes nées hors de France.
  • 3 régions ayant les incidences les plus élevées : Guyane (25,7 cas pour 100.000 habitants), Ile-de-France (16,4 cas pour 100.000 habitants) et Mayotte (10 cas pour 100.000 habitants). L’Ile-de-France cumule 36% des cas et la Seine-Saint Denis est le département de France métropolitaine le plus affecté (26,4 cas pour 100.000 habitants).

La vaccination par le BCG des enfants et des adolescents n’est plus obligatoire en France depuis 2007 et n’est donc plus exigée à l’entrée en collectivité. On peut noter que cette modification de la politique vaccinale et la pénurie récente de vaccin n’ont pas impacté l’épidémiologie de la tuberculose de l’enfant. En effet, les formes graves chez l’enfant (méningées ou miliaires) sont en baisse (10 cas en 2019) et conformes aux prédictions effectuées lors de la suspension de l’obligation vaccinale.

De même, la vaccination par le BCG n'est plus exigée lors de la formation ou l’embauche des professionnels du secteur sanitaire et social depuis le 1er avril 2019.

En revanche, cette vaccination est fortement recommandée pour les enfants exposés à un risque élevé de tuberculose dans leur entourage ou leur environnement. Dans ce cas, la vaccination est recommandée à partir de l’âge de 1 mois, idéalement au cours du 2ème mois. Toutefois, pour les enfants originaires de Guyane, de Mayotte ou ayant un membre de leur entourage atteint d’une tuberculose récente (moins de 5 ans), la vaccination est recommandée avant la sortie de la maternité. Le vaccin peut être co-administré avec les vaccins prévus à l’âge de 2 mois. Chez les enfants à risque non vaccinés, la vaccination peut être réalisée jusqu’à l’âge de 15 ans.

Les enfants considérés comme étant à risque élevé de tuberculose sont ceux qui répondent au moins à l’un des critères suivants :

  • Être né dans un pays de forte endémie tuberculeuse ou avoir au moins l’un de ses parents originaire de l’un de ces pays ;
  • Devoir séjourner au moins un mois d’affilée dans l’un de ces pays ;
  • Avoir un antécédent familial de tuberculose (collatéral ou ascendant direct) ;
  • Résider en Île-de-France, en Guyane ou à Mayotte ;
  • Être jugé par le médecin comme étant à risque d’exposition au bacille tuberculeux : conditions de logement ou socioéconomiques défavorables, contact régulier avec des adultes originaires d’un pays de forte endémie…