Troubles du spectre de l’autisme : il faut faire un diagnostic génétique


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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Touchant environ 700.000 personnes en France, les troubles du spectre de l’autisme (TSA) ont des causes multiples partiellement connues, environnementales et génétiques. Ce sont ces dernières qu’explore l’équipe du Pr Arnold Munnich, pédiatre généticien à l’hôpital Necker-Enfants Malades (AP-HP). Elle a notamment conduit pendant 20 ans une étude dans 26 hôpitaux de jour et établissements de santé mentale d’Île de France. Grâce à la Consultation Mobile Régionale de Génétique de la Fondation l’Élan Retrouvé, elle a porté sur 502 patients qui se sont vus proposer plusieurs tests génétiques (la plupart n’en avaient jamais bénéficié).

L’Hybridation Génomique Comparative sur réseau d’ADN (CGH-array), qui a remplacé le caryotypage car plus précise, a été réalisée chez 388 patients. Elle a permis de détecter des anomalies génétiques chez 34 d’entre eux, dont 19 non héréditaires et 4 héritée d’un des parents (pour les 11 patients restants, la transmission n’a pas pu être établie).

Le dépistage du syndrome de l’X fragile a été réalisé chez 312 patients qui n’en avaient jamais bénéficié : 4 ont été trouvés positifs pour ce syndrome.

Un séquençage nouvelle génération (NGS - New generation sequencing ) a pu être réalisé chez 141 patients. Il a permis d’identifier chez 33 d’entre eux des variants génomiques impliqués dans les TSA et les déficiences intellectuelles, dont 23 n’étaient pas héréditaires. Parmi les 10 liés aux parents, la moitié était liés au chromosome X. Le NGS a donc permis d’améliorer l’identification des cas liés à une mutation génétique.

Au total, 27 gènes mutés ont été décelés. Dans tous les cas, les anomalies génétiques étaient associées à une déficience intellectuelle modérée à sévère.

Pour les chercheurs, il est donc impératif de réaliser une investigation génétique chez les patients atteints de TSA : pour leurs parents, elle permet d’écarter ou de confirmer un risque de transmission d’une altération génétique à un autre enfant, ainsi que de mieux comprendre les difficultés rencontrées par celui qui est atteint de TSA.