Troubles du plancher pelvien post-cancer gynécologique : une qualité de vie pas toujours optimale…

  • Sci Rep

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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À retenir 

Les résultats d’une étude observationnelle menée en France montre que les femmes post-cancer gynécologique présentent significativement plus de symptômes en lien avec le plancher pelvien (questionnaire PFDI-20) que des sujets contrôles, notamment une incontinence urinaire par impériosité et une incontinence fécale. Autre point mis en exergue par cette étude, les femmes ayant eu une hystérectomie pour indication bénigne auraient une qualité de vie plus altérée et une augmentation des troubles du plancher pelvien par rapport à celles qui n’ont pas ce type d’antécédent chirurgical. 

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

En France, près de 15.000 nouveaux cas de cancers gynécologiques (ovaire, endomètre, col de l’utérus) sont diagnostiqués chaque année1. Le traitement pouvant combiner la radiothérapie, la chimiothérapie et la chirurgie permet un taux de survie globale à 5 ans de 70%2. De fait, il est essentiel de mieux évaluer les caractéristiques de la qualité de vie des patientes en survie afin de l’améliorer, et notamment à travers une bonne compréhension de l’impact des traitements sur le plancher pelvien et l’incontinence urinaire et fécale. 

Méthodologie

Cette étude prospective observationnelle a évalué la prévalence et la sévérité des troubles urinaires et du plancher pelvien chez des femmes atteintes de cancer gynécologique et prises en charge au service de gynécologie de l’hôpital universitaire de Montpellier-Nîmes. Elle a été conduite sur une période de 12 mois. Les questionnaires d’évaluation des symptômes pelviens (PFDI-20 pour les troubles du plancher pelvien, les troubles urinaires et les douleurs pelviennes ; le questionnaire Wexner pour l’évaluation de l’incontinence fécale) et de qualité de vie (PFIQ-7) ont été envoyés à toutes les femmes en vie suite à un cancer gynécologique traité dans ce centre hospitalier et à toutes celles âgées de 50 à 74 ans qui recevaient une invitation pour un dépistage organisé du cancer du sein en Lozère ou dans le Gard.

Principaux résultats

Au total, 1.386 femmes ont été incluses dans les analyses, 89 en post-cancer gynécologique et 1.088 sujets contrôles. Les femmes ayant eu un cancer gynécologique étaient globalement plus âgées que les autres (âge moyen 63,73 ans vs 61,69 ans) et avaient un IMC plus élevé (27,38 vs 25,07 kg/m2). Le score mesurant les symptômes liés au plancher pelvien (questionnaire PFDI-20) a révélé une différence significative entre les femmes ayant eu un cancer gynécologique et les sujets contrôles (score 33,3 [14,6-74,1] vs 20 [4,2-50,0], p=0,0003). En analyses multivariées, le risque d’incontinence urinaire par impériosité était multiplié par 1,6 chez les femmes post-cancer gynécologique (OR 1,672 [1,014-2,758], p=0,0442), et le risque d’incontinence fécale par un facteur 3,8 (OR 3,862 [1,657-9,001], p=0,0018) chez ces mêmes femmes par rapport aux sujets témoins.

Les femmes qui avaient eu une hystérectomie pour une indication bénigne avaient une moins bonne qualité de vie que les femmes sans antécédent chirurgical de ce type. Ainsi, l’hystérectomie dans ce contexte aurait un impact sur la survenue de symptômes du plancher pelvien, mais cet impact serait moins significatif que chez celles qui avaient eu un cancer gynécologique.

Principales limitations

Les caractéristiques de la tumeur et les traitements liés au cancer gynécologique n’ont pas été décrits. De fait, des facteurs confondants associés au développement de troubles urogénitaux peuvent subsister.