Troubles de la déglutition : un dispositif de rééducation simple et efficace

  • Hägglund P & al.
  • Age Ageing
  • 7 mai 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Un entraînement musculaire oral par utilisation d’un dispositif orofacial prédental (IQoro ® ) durant 5 semaines offre une amélioration fonctionnelle aux personnes âgées souffrant de troubles de la déglutition d’étiologie variée, par rapport à ceux du groupe contrôle. En effet, la vitesse d’ingestion de l’eau est significativement supérieure dans le groupe ayant bénéficié de l’entraînement que ce soit à l’issue des 5 semaines ou à 6 mois post-traitement. En revanche, l’amélioration de l’aspiration constatée à 5 semaines n’est pas maintenue à distance. La poursuite de l’entraînement pourrait être utile pour certains patients. Les auteurs concluent à un résultat encourageant, invitant à conduire de nouvelles études confirmatoires.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

Les troubles de la déglutition sont liés à de nombreuses étiologies propres au sujet âgé et constituent un risque accru de malnutrition, de pneumonie d’aspiration et de décès. Différentes approches de réhabilitation sont étudiées afin de les améliorer comme la neuromodulation ou le biofeedback. Dans cette étude, les auteurs ont évalué l’efficacité du renforcement des muscles orofaciaux et pharyngés par un dispositif médical orofacial (IQoro ® ).

Méthodologie

  • Des sujets de 65 ans et plus souffrant de troubles de la déglutition (test d’ingestion de l’eau inférieur à 10 mL/s) ont été recrutés dans des unités de soins intermédiaires. Ils ont été répartis entre un groupe intervention, utilisant le dispositif, et un groupe contrôle auquel des conseils étaient apportés quant à l’adaptation de la consistance des aliments et la posture à adopter.

  • Le dispositif utilisé durant l’entraînement est une plaque concave en plastique médical placé devant les dents, à laquelle une languette rigide est fixée. Durant les séances (3 par jour durant 5 semaines), le patient (ou un membre du personnel soignant) devait exercer une traction sur cette languette aussi fort que possible en résistant avec la bouche durant 5 à 10 secondes, 3 fois par séance.

  • Les critères d’évaluation principaux (vitesse d’ingestion de l’eau) et secondaires (signes aspiration -toux ou modification de la voix après ingestion-, qualité de vie) ont été mesurés à l’issue des 5 semaines, puis à 6 mois post-traitement.

Principaux résultats

  • Au total, 116 participants (84 ans en moyenne) - 49 utilisant le dispositif (55% d’hommes, vitesse d’ingestion 3,18 mL/s), 67 contrôles (44% d’hommes, 3,0 mL/s) - ont été inclus dans l’étude. L’analyse per protocole a pu être conduite à 5 semaines et 6 mois chez 85 et 62 de ces patients (en vie et avec suivi disponible).

  • À l’issue des 5 semaines, la vitesse d’ingestion de l’eau était de 6,22 mL/s dans le groupe intervention contre 3,64 mL/s dans le groupe contrôle, soit une amélioration de la vitesse au-dessus des 10 mL/s pour 31% et 12% de chacun des groupes (p significatif). Le résultat restait significatif après 6 mois.

  • Les signes d’aspiration étaient plus fréquents dans le groupe intervention à l’inclusion (61% vs 39%), mais ils devenaient moins fréquents dans ce même groupe à l’issue des 5 semaines (35% vs 54%, OR 6,11 [1,82–28,45), p=0,01). Ce bénéfice n’était pas maintenu à 6 mois.

  • La qualité de vie était la même dans les 2 groupes aux deux temps d’évaluation.

Principales limitations

L’étude a été menée auprès d’un petit effectif, et les tests d’ingestion n’étaient pas conduits en aveugle.

Financement

L’étude a été financée par des structures publiques suédoises.