Troubles de la conscience et AVC associés au COVID-19

  • Xiong W & al.
  • Neurology
  • 17 juin 2020

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Cette étude rétrospective réalisée à partir des données de 56 hôpitaux chinois montre que des événements neurologiques surviennent dans 3,5% des cas de COVID-19 et plus fréquemment (9,5%) en cas de forme sévère, en particulier des troubles de la conscience et des AVC.
  • Ces événements sont associés de façon significative à un âge plus avancé (>60 ans), à la présence de comorbidités neurologiques et à une mortalité plus élevée.
  • Ces résultats incitent à la prise en charge multidisciplinaire de ces patients de façon à prévenir le risque de séquelles à long terme.

 

Pourquoi est-ce important ?

Plusieurs études ont rapporté l’apparition de manifestations neurologiques en phase aiguë de COVID-19 et l’hypothèse d’un lien direct avec l’infection a été avancée. Mais ces premières données étaient issues d’études monocentriques ou de séries de cas et méritaient d’être confirmées par une étude de plus grande envergure. 

Méthodologie

Cette étude rétrospective, conduite au sein de 56 hôpitaux chinois, a colligé les données de patients ayant une COVID-19 confirmée. Les événements neurologiques ont été enregistrés et évalués par des neurologues et classés en événements critiques et non critiques, ces derniers étant définis par la présence d’un des troubles suivants : troubles de la conscience, AVC, infections centrales, crises ou états de mal épileptique.

Résultats

  • Au total, 917 sujets ont ainsi été inclus dans l’étude. Il s’agissait majoritairement d’hommes, avec présence de comorbidités (non neurologiques 44% ou neurologiques 3%) et l’âge moyen était de 48,7 ans. Au sein de cette population, des événements neurologiques critiques ont été retrouvés dans 3,5% des cas (32/917). Il s’agissait en particulier de troubles de la conscience (n=25) et d’AVC (n=10).
  • La fréquence de ces événements était beaucoup plus élevée (9%) parmi les cas de COVID-19 sévères (30/319). Les événements neurologiques définis comme non critiques étaient par ailleurs peu fréquents (0,8%).
  • En analyse univariée, la survenue de ces événements neurologiques critiques était associée à un âge > 60 ans, et à l’existence de comorbidités neurologiques. Seul l’âge est ressorti de façon significative en analyse multivariée. Pour des niveaux de sévérité équivalents du COVID-19, la présence de ces événements neurologiques multipliait la mortalité par 6. 
  • Le scanner cérébral réalisé chez 28 sujets a permis de révéler la survenue de lésions chez 9 d’entre eux. Les ponctions lombaires (n=3) réalisées chez des sujets qui avaient une infection centrale suspectée, des céphalées inexpliquées ou une névralgie occipitale n’ont pu détecter la présence du SARS-CoV-2.

Limites

Caractère rétrospectif de l’étude.

Il est possible que l’exclusion des cas asymptomatiques, le faible nombre d’enfants inclus, et l’inclusion des sujets avec comorbidités neurologiques préexistantes, aient conduit à une surestimation des cas neurologiques associés au COVID-19.