Troubles cognitifs : un biomarqueur sanguin pour l’évolution vers une démence

  • Hanon O & al.
  • Alzheimers Dement

  • Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Le suivi de 485 patients atteints de troubles cognitifs légers (TCL) sur 3 ans montre que ceux qui vont évoluer vers une démence ont des taux plasmatiques associés à certains biomarqueurs qui sont spécifiques.

  • Le rapport Aβ1-42/Aβ1-40 pourrait aider à identifier les patients ayant un faible risque d’évolution vers la démence par rapport aux autres. Sous une valeur seuil de 0,169, le risque de démence serait réduit de 48%, avec une bonne sensibilité. De nouvelles études sont nécessaires pour valider ces résultats.

Pourquoi est-ce important ?

En pratique clinique, certains biomarqueurs d’imagerie ou au sein du liquide céphalorachidien (LCR) peuvent aider à prédire le risque d’évolution vers la démence des personnes souffrant de TCL, mais on ne dispose pas d’outils simples à mettre en œuvre, comme des marqueurs plasmatiques. Au vu des données de la littérature décrivant la corrélation entre les taux plasmatiques du peptide amyloïde Aβ1-42 et du rapport Aβ1-42/Aβ1-40 avec ceux mesurés dans le LCR ou avec une imagerie évocatrice, les investigateurs de la cohorte BALTAZAR ont voulu évaluer si ces marqueurs, dosés à partir d’une simple prise de sang, pouvait aider à prédire l’évolution à 3 ans vers une démence.

Méthodologie

Les participants de la cohorte BALTAZAR avaient été recrutés auprès de 23 centres de mémoire français pour conduire une étude prospective sur 3 ans. Tous les participants devaient avoir des TCL sans pathologie neuropsychiatrique associée. À l’inclusion, ils ont eu une évaluation médicale, une analyse sanguine, une imagerie cérébrale et une batterie de tests neuropsychiatriques et cognitifs (scores MMSE et CDR de démence, scores d’autonomie ADL et IADL). Le suivi était ensuite semestriel jusqu’à l’issue des 3 ans.

Principaux résultats

Le suivi a été analysé pour 485 patients qui avaient 77,7 ans et un score MMSE de 26,4 en moyenne à l’inclusion (60,4% de femmes, 48% avec diplôme universitaire).

À l’issue des 3 années, 145 ont évolué vers une démence. Ils étaient en moyenne plus âgés et avaient plus souvent des TCL amnésiques ou un génotype APOE ε4 à l’inclusion,

Ceux qui avaient évolué vers une démence avaient des taux plasmatiques Aβ1-42 et un rapport Aβ1-42/Aβ1-40 plus faible à l’inclusion que ceux qui n’avaient pas évolué vers la démence, même après ajustement sur l'âge, le sexe, le niveau d'éducation et le statut APOE ε4.

Selon l’analyse multivariée, le fait d’appartenir au quartile du ratio le plus élevé était associé à un risque plus faible d’évolution vers la démence (HR 0,52 [0,31-0,86], p=0,01) par rapport à ceux du quartile le plus bas, après ajustement sur l'âge, le sexe, le niveau d'éducation, le statut APOE ε4, le score MMSE au départ et l'atrophie de l'hippocampe à l’imagerie.

L'ajout du rapport des taux plasmatiques Aβ1-42/Aβ1-40 (quartile le plus élevé par rapport aux trois quartiles inférieurs) à un modèle incluant l'âge, le sexe, le niveau d'éducation et le statut APOE ε4 permet d’améliorer la prédiction pronostique avec toutefois une amélioration nette de reclassement qui reste modérée. A minima cet outil permet d’exclure les patients qui pourraient évoluer vers une démence.