Trouble panique chez l’adulte : les benzodiazépines ont-elles un intérêt ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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Le trouble panique (crises de panique récurrentes et inattendues atteignant leur apogée en quelques minutes) est fréquent dans la population générale, avec une prévalence à vie estimée de 1 à 5 %. Le traitement repose sur des interventions psychologiques et des médicaments, dont les benzodiazépines qui sont fréquemment utilisées bien qu'elles ne soient généralement pas recommandées comme traitement de première intention. Elles ont pour avantage d’agir rapidement mais présentent un risque élevé de dépendance et de symptômes de sevrage.

Une revue d’études a été mise en place pour évaluer l’efficacité et la tolérance des benzodiazépines versus placebo dans le traitement du trouble panique avec ou sans agoraphobie chez l’adulte. Elle a inclus 24 essais contrôlés randomisés en double-aveugle auxquels ont participé 2.124 personnes randomisées pour les benzodiazépines et 1.475 pour le placebo.

Un avantage possible des benzodiazépines par rapport au placebo a été observé pour :

  • La réponse au traitement avec un risque relatif (RR) estimé de 1,65 [1,39-1,96] en faveur des benzodiazépines, ce qui correspond à un nombre estimé de sujets à traiter pour un résultat bénéfique supplémentaire (NNTB) de 4 [3-7].
  • Le taux d'abandon qui était plus faible chez les participants traités par des benzodiazépines (RR : 0,50 [0,39-0,64], le NNTB estimé étant de 6 [5-9]).
  • La rémission avec un RR de 1,61 [1,38-1,88].
  • Le fonctionnement social en tant que critère de jugement avec une différence moyenne standardisée (DMS) de -0,53 [-0,65 à -0,42].

Cependant, le nombre d'abandons dus à des effets indésirables était plus élevé avec les benzodiazépines qu'avec le placebo (RR : 1,58 [1,16 - 2,15]) et une proportion plus élevée de participants ont éprouvé au moins un effet indésirable lorsqu'ils ont reçu des benzodiazépines (RR : 1,18 [1,02-1,37]).

En conclusion, ces données de faible valeur probante montrent une supériorité possible des benzodiazépines par rapport au placebo dans le traitement à court terme des troubles paniques. Cependant, la qualité méthodologique globale des études était faible. Par exemple, dans certaines études les patients et les médecins ont été en mesure de deviner quel traitement ils prenaient ce qui peut avoir induit une surestimation de l'effet du traitement. De plus, les études étaient à court terme et n'ont pas examiné les risques de dépendance et de symptômes de sevrage. Des études à long terme de bonne qualité devraient être menées pour déterminer si les avantages du traitement peuvent être maintenus et pour situer ces avantages dans le contexte des effets de sevrage et du risque de dépendance.