Trouble du spectre de l’autisme : rôle du diabète maternel durant la grossesse

  • Xiang AH & al.
  • JAMA
  • 3 juil. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude rétrospective de cohorte montrent que l’exposition in utero au diabète de type 1 (DT1), au diabète de type 2 (DT2) ou au diabète gestationnel (DG) diagnostiqué à la 26semaine augmenterait le risque pour l’enfant de développer un trouble du spectre de l’autisme (TSA) par rapport aux enfants non exposés à un diabète in utero. En revanche, un diabète gestationnel au-delà de la 26semaine n’a pas été associé au risque de développer un TSA. Ces données suggèrent que la présence ou non d’un diabète maternel et le moment de l’exposition (tôt ou tard durant la grossesse) pourraient impacter le risque de développer un TSA chez l’enfant. D’autres études sont encore nécessaires intégrant notamment plus de facteurs potentiels de confusion. 

Pourquoi est-ce important ?

Le diabète de type 2 chez la mère et le diabète gestationnel diagnostiqué à 26 semaines de gestation ont été associés à une augmentation du risque de développer un trouble du spectre de l’autisme chez l’enfant. En revanche, peu de données existent sur l’association entre la préexistence d’un diabète de type 1 chez la mère et le développement d’un trouble du spectre de l’autisme chez l’enfant. Ces données apportent ainsi de plus amples précisions en fonction du type de diabète maternel.

Méthodologie

Une étude rétrospective de cohorte a inclus des enfants nés entre 28 et 44 semaines de gestation en Californie entre 1995 et 2012. Ces derniers ont été suivis par enregistrement électronique de données médicales hospitalières à partir de l’âge de 1 an jusqu’à la survenue d’un diagnostic clinique de TSA, au décès, à la dernière date de suivi de ces données hospitalières ou à la fin de l’étude.

Les facteurs potentiels de confusion suivants ont été considérés : l’âge gestationnel à la naissance, l’âge maternel au moment de la naissance, la parité, l’éducation, l’autodéclaration de l’origine ethnique, les revenus moyens du foyer, les antécédents de comorbidités et le sexe de l’enfant.

Principaux résultats

Sur les 419.425 enfants ayant répondu aux critères d’inclusion, 621 ont été exposés au DT1 de leur mère, 9.453 au DT2, 11.922 au DG diagnostiqué à la 26esemaine et 24.505 à un DG diagnostiqué après la 26semaine.

Durant le suivi médian de 6,9 ans, 5.827 enfants ont reçu un diagnostic de trouble du spectre de l’autisme. 

Par rapport aux enfants qui n’y ont pas été exposés, ceux qui ont été exposés à un diabète maternel in utero avaient un risque ajusté de développer un TSA multiplié par plus de deux pour une exposition à un DT1 (HRa 2,36 [1,36-4,12]), augmenté de 45% pour un DT2 (HRa 1,45 [1,24-1,70] et de 30% pour un DG diagnostiqué à la 26semaine (1,30 [1,12-1,51]). En revanche, il n’y aurait pas d’augmentation du risque en cas de diagnostic d’un DG après la 26semaine (HRa 0,99 [0,88-1,12]).

Ces résultats n’étaient que faiblement modifiés lorsque le tabagisme maternel durant la grossesse et la variation de l’IMC pré-grossesse étaient pris en considération.

Le risque de développement d’un TSA chez l’enfant n’était pas significativement différent selon que leur mère prenait ou non un antidiabétique durant la grossesse (HR 1,18 [0,97-1,43], p=0,10).

Principales limitations

D’autres dimensions comme l’autoimmunité, les facteurs génétiques, la prématurité, l’hypoglycémie néonatale, ainsi que des facteurs confondants potentiels liés au père ou d’autres expositions intra-utérines ou post-natales n’ont pas été considérées.