Troponine I-hs : un outil complémentaire d’évaluation du risque CV à mi-vie dans la population générale ?

  • Jia X & al.
  • Circulation
  • 29 avr. 2019

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Une étude prospective montre que le taux de troponine I haute sensibilité (TnI-hs) peut être un marqueur biologique utile du risque de maladie cardiovasculaire (MCV) globale chez les sujets ne présentant pas de MCV à mi-vie. En effet les résultats de cette étude montrent dans ces circonstances, une association positive et significative entre les taux de TnI-hs et l’athérosclérose, l’AVC ischémique, l’hospitalisation pour insuffisance cardiaque, les maladies CV globales et la mortalité toutes causes sur un suivi d’environ 15 ans. Quelques différences ont été mises en évidence en fonction de l’origine ethnique et du sexe. Ainsi, la TnI-hs pourrait être utilisée en association avec les biomarqueurs traditionnels du risque cardiovasculaire.

Méthodologie

Cette étude prospective a évalué au sein de la cohorte ARIC (Atherosclerosis Risk in Communities, une cohorte bi-ethnique de sujets âge moyen, 45-64 ans) l’association entre le taux de ThI-hs à l’inclusion et le risque de développer un événement cardiovasculaire dans les 15 ans de suivi, chez des sujets sans antécédents de maladies cardiovasculaire initialement et inclus entre 1987 et 1989. Les analyses présentées ici sont issues des évaluations réalisées à la 4visite ARIC entre 1996 et 1998.

Principaux résultats

Au total, 8.121 sujets ont été inclus dans les analyses, l’âge moyen de la cohorte était de 62,7 ans et 57,7% étaient des femmes à l’inclusion. 

  • À l’inclusion, les taux de TnI-hs étaient au-dessus de la limite de la détection (1,2 ng/L) pour 85% des individus. Le taux de TnI-hs médian était de 2,5 ng/L pour les hommes et 1,9 ng/L pour les femmes, et celui-ci augmentait avec l’âge quel que soit le sexe. Le taux médian était de 2,1 ng/L chez les sujets d’origine caucasienne et de 2,5 ng/L chez les sujets d’origine africaine.
  • Les individus ayant les taux de TnI-hs les plus élevés étaient plus susceptibles d’être d’origine africaine, des hommes, d’avoir un diabète, une hypertension, une pression artérielle systolique élevée, une hypertrophie ventriculaire gauche, un IMC élevé, des taux de triglycérides, de glycémie, de CRP-hs, de NT-proBNP élevés, un taux de HDL-c faible et un débit de filtration glomérulaire estimé faible.
  • Après ajustement, par rapport aux sujets ayant les taux les plus faibles (TnI-hs ≤1,3 ng/L), ceux ayant les taux de TnI-hs les plus élevés (≥3,8 ng/L) avaient un risque plus élevé de de coronaropathie (hazard ratio (HR) 2,20), d’AVC ischémique (HR 2,99), d’athérosclérose (HR 2,36), d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque (HR 4,20), de maladie cardiovasculaire globale (HR 3,01) et de mortalité toutes causes confondues (HR 1,83).
  • L’association était plus forte pour les sujets d’origine caucasienne que ceux d’origine africaine en ce qui concerne les événements cardiovasculaires globaux, ainsi que chez les femmes par rapport aux hommes.
  • Bien que la TnI-hs et la TnT-hs étaient modestement corrélées, les deux étaient complémentaires pour prédire la survenue d’un incident cardiovasculaire. En effet, l’augmentation de ces deux biomarqueurs signait un risque tout particulièrement élevé d’événement cardiovasculaire par rapport à l’augmentation d’un seul.
  • Le risque d’athérosclérose, de MCV globale et d’hospitalisation pour insuffisance cardiaque à 10 ans était amélioré lorsque la TnI-hs était intégrée dans les modèles prédictifs utilisés.

Principales limitations

La TnI-hs n’a été mesurée qu’une seule fois à la 4visite de l’étude ARIC, ce qui ne permet pas d’évaluer l’impact de son évolution dans le temps.