Trauma crânien : après le S100β, un nouveau test sanguin pour déterminer l’utilité du scanner

  • Bazarian JJ & al.
  • Lancet Neurol
  • 24 juil. 2018

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Selon l’étude ALERT-TBI, le test sanguin BTI (Brain Trauma Indicator) combinant les concentrations de deux protéines cérébrales relarguées dans le sang à la suite d’un traumatisme crânien (TC), la GFAP (protéine acide fibrillaire gliale) et l’UCH-L1 (hydrolase C-terminale de l'ubiquitine) a une sensibilité de 97,6% pour prédire l’existence d'une lésion intracrânienne visualisable par scanner chez des sujets présentant un score de Glasgow (GCS) compris entre 9 et 15, ainsi qu’une spécificité de 0,364 et une valeur prédictive négative (VPN) de 99,6%. Concernant les personnes présentant un TC léger, défini par un GCS de 14-15, la sensibilité, la spécificité et la VPN étaient respectivement de 99,73%, 0,677 et 98,5%.

  • Selon les auteurs de ce travail, le test pourrait avoir un intérêt particulier parmi ce dernier groupe de sujets puisque ce sont eux qui ont le plus de risque d’être soumis à un scanner inutile, en l’absence de lésions identifiables. Ainsi, ce test pourrait réduire le taux de scanner réalisés d’environ un tiers.

  • L’éditorial accompagnant l’article précise cependant quelques limitations relatives à ces résultats et particulièrement l’utilisation de valeurs seuils pour mener ce travail, plutôt que celle des valeurs de GFAP et de UCH-L1 en tant que variables continues. L’absence de comparaison de ces résultats au dosage de la protéine S100β ou aux indicateurs cliniques utilisés habituellement pour justifier la réalisation ou non d’un scanner en cas de TC léger est aussi limitative.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Des lésions intracrâniennes sont retrouvées au scanner dans moins de 10% des cas de TC légers. Le scanner reste cependant l’examen le plus pertinent pour détecter de telles lésions. Disposer d’un test alternatif puissant permettrait de réduire la fréquence du recours à l’imagerie, qui se traduit en une exposition aux irradiations, à l’embolisation du recours à ce type d’appareillage et à des coûts évitables. En Europe le dosage de la protéine S100β constitue le premier des tests sanguins à être proposé pour améliorer l’orientation des traumatisés vers le scanner. Le test BTI pourrait constituer le second.

Méthodologie

  • Cette étude observationnelle multicentrique prospective a inclus des adultes suspectés de TC léger et présentant un GCS de 9-15. Tous avaient bénéficié d’un scanner en urgence et d’un prélèvement sanguin dans les 12 heures suivant la blessure, avec dosage de l’UCH-L1 et de la GFAP (valeurs seuils prédéfinies de 327 et 22 pg/mL respectivement).

  • Les résultats du test combinant les deux dosages ont été comparés à l’interprétation des images du scanner.

Principaux résultats

  • Entre décembre 2012 et mars 2014, 1.959 participants présentant un TC léger ont pu être inclus dans l’étude et bénéficier à la fois d’un scanner et d’un test interprétable, avec 1.920 (98%) d’entre eux présentant un score GCS de 14-15.

  • Les données d’imagerie ont permis d’identifier 6% de participants présentant une lésion intracrânienne traumatique et 8 présentant des lésions opérables.

  • Le prélèvement sanguin a été réalisé après une durée médiane de 3,2 h suivant la blessure.

  • Les concentrations de GFAP et d'UCH-L1 étaient plus élevées chez les patients présentant une imagerie évocatrice de lésions que chez les autres (valeur médiane de 135,0 et 604,8 pg/mL contre 22,2 et 261,0 pg/mL, p

  • Au total, 1288 (66%) présentaient un test sanguin positif. La sensibilité du test pour identifier une lésion intracrânienne était de 0,976 [0,931-0,995] et la valeur prédictive négative de 0,996 [0,987-0,999].

  • Chez les seuls patients présentant un GCS de 14-15, la sensibilité, la spécificité et la VPN étaient respectivement de 99,73%, 0,677 et 98,5%.

Principales limitations

Le test n’a pas de valeur prédictive concernant le pronostic à plus long terme.

Financement

L'étude a été financée par le service de recherche médicale de l'armée américaine et par Banyan Biomarkers.