Transversales : Vaccin : pour mieux convaincre

  • Dr Catherine Azoulay

  • JIM Actualités des congrès
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L'OMS a désigné en 2019 la défiance à l'égard des vaccins comme l'une des 10 plus grandes menaces pour la Santé dans le monde. Or la France détient le record mondial de l'hésitation vaccinale puisque 4 français sur 10 (3 fois plus que la moyenne mondiale) estiment que les vaccins ne sont pas sûrs. Depuis l'obligation vaccinale de janvier 2018, les retours semblent plutôt positifs avec une augmentation de la couverture vaccinale, y compris pour le HPV. Devant une hésitation vaccinale parentale, la tentation du professionnel de santé est d'expliquer les bénéfices scientifiques de la vaccination. Mais on sait que l'acceptation de la vaccination ne repose pas seulement sur les faits et la connaissance, mais sur la confiance dans la source d'information. Souvent pressé de convaincre, on peut être amené à délivrer d'emblée une information non ciblée, donc inadaptée, ou de répondre à la peur par la peur, au lieu d'écouter le patient avant de le guider dans son processus de décision. On ne peut se passer de ce temps d'écoute. Il est bien préférable, avec empathie, d'explorer les croyances et attitudes ambivalentes du patient en respectant son autonomie, c'est l'entretien motivationnel. Celui-ci nécessite de prendre son temps et plusieurs consultations peuvent être nécessaires. Le praticien sera attentif à aborder de préférence le parent hésitant avec des questions ouvertes, à le valoriser et à pratiquer une écoute réflective (reprise plus élaborée des propos du patient). Enfin, un résumé final permettra de reprendre l'essentiel des échanges. Et ce n'est seulement qu'ensuite que les normes et les référents peuvent être utilisés pour convaincre. Une information ciblée peut aussi être délivrée si le patient est demandeur. L'implémentation d'intention (aider à s'imaginer où, quand et comment sera réalisé l'acte de vaccination) a montré son efficacité pour améliorer les comportements d'adhésion des patients.