Transversales : Le microbiote encore et toujours…

  • Dr Catherine Azoulay

  • JIM Actualités des congrès
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Dans le tube digestif, il existe un microbiote commun à tous et des différences inter-individuelles selon l'environnement, les facteurs génétiques, l'alimentation, les médicaments, et en particulier les traitements antibiotiques… Sa diversité, signe de bonne santé, s'établit avant 5 ans. Trois phyla sont majeurs dans l'intestin : Bacteroïdetes, Firmicutes et Actinobacteria. Le microbiote humain est constitué en moyenne de 100 000 milliards de microbes, soit 2 kilos chez un adulte. Il se constitue dès la naissance, au contact de la flore vaginale en cas d'accouchement par voie basse, et des microorganismes de l'environnement chez les enfants nés par césarienne. Le microbiote placentaire est unique, composé de bactéries commensales non pathogènes, curieusement plus proche du microbiote de la bouche que de celui du vagin. Le rôle de cette flore est encore mal connu mais on observe que le microbiote placentaire est perturbé dans certaines pathologies de la grossesse (chorioamniotite, rupture prématurée des membranes, menace d'accouchement prématuré…). De même, on relève plus de vaginoses bactériennes en cas d'infertilité tubaire et de fausses couches précoces. Le microbiote uro-génital est très dépendant de l'imprégnation œstrogénique, donc de la période considérée. L'utilisation d'antibiotiques en clinique aboutit à une altération du microbiote (baisse de la diversité, dysbiose…). En cas d'exposition chronique, aucun retour en arrière du microbiote n'est possible. De même, il existe une susceptibilité individuelle aux xénobiotiques (polluants, additifs, pesticides…) qui peut impacter le microbiote. Or l'appauvrissement du microbiote est très défavorable puisqu'il pourrait être relié à l'apparition de maladies « post-modernes », a priori non transmissibles (maladies auto-immunes, allergies, troubles du spectre autistique…), comme permettent de l'évoquer plusieurs études observationnelles et même interventionnelles (probiotiques, post-biotiques, transfert de microbiote fécal…).