Transplantation fécale : est-elle toujours efficace et sûre à moyen terme ?

  • El-Salhy M & al.
  • Gastroenterology

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir

  • Une étude montre que les effets d’une transplantation fécale chez des individus souffrant de syndrome de l’intestin irritable (SII) sont maintenus à 2 et 3 ans sans apparition d’effets indésirables.
  • La transplantation fécale chez ces sujets amène à une diminution significative des symptômes liés au SII, de la fatigue et de la dysbiose intestinale.

Pourquoi est-ce important ?

La transplantation fécale est considérée comme un traitement prometteur dans le SII et a déjà bénéficié de 7 essais randomisés et contrôlés. Les données de suivi disponibles ne permettaient d’avoir jusqu’à présent, un recul que d’une année après transplantation. D’où l’intérêt de ce travail.

Méthodologie

Cette étude a inclus 125 patients (104 femmes et 21 hommes) âgés de 18 à 85 ans ayant un score de sévérité de SII (IBS-SSS – IBS Severity Scoring System) ≥175. Parmi eux, 38 sujets ont reçu un placebo, 42 et 45 respectivement 30 g et 60 g de fèces provenant d’un donneur sain. Les fèces ont été administrées par voie orale. Les patients devaient compléter des questionnaires à l’inclusion, puis 2 et 3 ans après la transplantation fécale. Les donneurs étaient des hommes sains âgés de 36 ans, avec un indice de masse corporel (IMC) normal, nés par voie vaginale, allaités, non-fumeurs, ne prenant pas de traitement, ayant été peu souvent traités par antibiotiques au cours de leur vie, pratiquant une activité physique régulièrement et ayant une alimentation riche en fibres, protéines, vitamines et minéraux. Ils devaient avoir une flore intestinale présentant une forte diversité. 

Principaux résultats

Au global, 2 ans après la transplantation, les taux de réponse au traitement – diminution ≥50 points du score IBS-SSS à 3 mois) étaient significativement supérieurs dans les groupes ayant reçu une transplantation fécale que dans le groupe placebo, respectivement 77,8%, 69,1% et 26,3% pour les groupes transplantation fécale 60 mg, 30 mg et pour le groupe placebo.

À 3 ans, les résultats étaient assez similaires avec respectivement 71,8%, 64,9% et 27,0%, de taux de réponse au traitement.

Que ce soit à 2 ou 3 ans, le soulagement des symptômes liés au SII, la diminution de la fatigue et l’amélioration de la qualité de vie étaient significativement plus importants chez les sujets qui avaient bénéficié d’une transplantation fécale que chez les autres. Les femmes ont eu un taux de réponse au traitement supérieur à celui des hommes.

Aucun effet indésirable à long terme n’a été mis en évidence.

L’indice de dysbiose mesuré (score de 1 à 5, 3-5 soulignant la présence d’une dysbiose) a diminué significativement 2 et 3 ans après la transplantation fécale dans les groupes ayant reçu 30 à 60 g de fèces d’un donneur sain, mais pas dans le groupe placebo. Ces variations ont été corrélées à l’évolution des symptômes de SII.

Si le profil des bactéries fécales était similaire entre les 3 groupes à l’inclusion, il différait significativement 2 et 3 ans après la transplantation avec les fèces du donneur sain.

À 2 ans, les taux de réponse au traitement étaient significativement supérieurs chez les patients souffrant de SII de type diarrhée et mixte par rapport à ceux qui souffraient de SII de type constipation. En revanche, à 3 ans, il n’y avait plus de différence significative entre ces trois sous-types de SII.