Tramadol : quel rapport bénéfice/risque dans l’arthrose ?


  • Fanny Le Brun
  • Actualités Médicales
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À retenir :

  • Une revue de 22 études a évalué le tramadol dans le traitement de l’arthrose.
  • Il semblerait que la prise de tramadol pendant une période allant jusqu'à trois mois n’apporte pas de bénéfice important sur la douleur ou sur le plan fonctionnel, versus placebo.
  • Le risque d'évènements indésirables associés au tramadol semble supérieur à celui du groupe placebo et pourrait entraîner davantage d’arrêts de traitement.

 

Une revue Cochrane s’est intéressée aux bénéfices et aux risques de l’utilisation du tramadol pour soulager l'arthrose. Elle a inclus 22 études contrôlées et randomisées, portant sur 3.871 personnes prenant du tramadol (à des doses variant de 37,5 mg à 400 mg par jour) et 2.625 personnes appartenant à un groupe de comparaison (placebo, anti-inflammatoire non stéroïdien [AINS] ou autre analgésique). La plupart étaient des femmes (âge moyen : 63 ans) atteintes d'arthrose de la hanche ou du genou et souffrant de douleurs modérées à sévères. La durée des études variait d'une semaine à trois mois. Dix-sept d’entre elles ont évalué le tramadol seul et cinq ont évalué le tramadol en association avec le paracétamol.

D’après les résultats de cette revue :

Douleur (Échelle visuelle analogique [EVA]) :

  • Le tramadol seul ou en association avec le paracétamol ne semble présenter aucun avantage important sur la réduction de la douleur comparativement au placebo (amélioration absolue de 4 %, que le tramadol soit associé ou non avec le paracétamol).
  • On note tout de même que 15% des personnes du groupe tramadol seul ont vu leur condition s’améliorer de 20 % (ce qui correspond à une différence de douleur cliniquement importante) comparativement à 10 % dans le groupe placebo, et 12% des personnes ont présenté une amélioration de 20 % dans le groupe tramadol en association avec le paracétamol comparativement à 7% dans le groupe placebo.

Fonction physique (WOMAC index) :

  • Le tramadol seul et en association avec le paracétamol ne semble présenter aucun bénéfice significatif sur la fonction physique comparativement au placebo (amélioration absolue de 4 %, que le tramadol soit seul ou associé avec le paracétamol).
  • On note tout de même que 21% des personnes du groupe tramadol seul ont vu leur condition s’améliorer de 20 % (différence cliniquement importante) comparativement à 16 % dans le groupe placebo, et 15% ont présenté une amélioration de 20 % dans le groupe tramadol en association avec le paracétamol comparativement à 10% dans le groupe placebo.

Évènements indésirables :

  • Le risque d'évènements indésirables associés au tramadol seul était supérieur à celui du groupe placebo (risque relatif (RR) de 1,34). De même, le risque d'évènements indésirables liés au tramadol en association avec le paracétamol était supérieur à celui du groupe placebo (RR 1,91).
  • Les trois évènements indésirables les plus fréquents étaient : nausées, vertiges et fatigue.
  • Le risque d'événements indésirables graves semble plus élevé avec le tramadol seul qu'avec le placebo (taux plus élevé de 1 % pour le groupe traitement).
  • Le risque d’arrêt de l'étude en raison d'évènements indésirables semble plus élevé avec le tramadol seul comparativement au placebo (RR 2,64). Il en est de même pour le tramadol en association avec le paracétamol comparativement au placebo (RR 2,78).

D’après cette revue, il semblerait que, comparativement au placebo, le tramadol seul ou en association avec le paracétamol pendant une période allant jusqu'à trois mois n'a pas d’effet bénéfique important sur la douleur ou sur le plan fonctionnel chez les personnes atteintes d'arthrose, bien qu'un peu plus de personnes dans le groupe tramadol aient signalé une amélioration importante (≥20 %). De plus, les patients pourraient davantage souffrir d'effets secondaires comme des nausées, des vomissements, des vertiges, de la constipation, de la fatigue et des maux de tête, entraînant un arrêt du traitement.