Traitement du cancer du sein : quoi de neuf ?

  • Presse Med

  • Par Nathalie Barrès
  • Actualités médicales
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Une meilleure compréhension des mécanismes physiopathologiques du cancer du sein a contribué au développement de nombreux traitements ces dernières années. Quatre sous-types majeurs de cancer du sein ont été décrits : le type luminal (A et B), le type HER-2+, le type basal-like et le triple négatif. À partir de là, de nombreux essais cliniques ont exploré l’efficacité des traitements en tenant compte de ces sous-groupes. Une équipe rennaise vient de faire le point sur les nouveaux traitements qui pourraient prochainement devenir des traitements de références dans le domaine.

Les cancers du sein  hormono-dépendants

Ils constituent environ 70% des cas de cancers du sein. Si les traitements hormonaux restent à ce jour les traitements de première ligne pour ces cancers, de nouvelles molécules sont développées et répondent notamment aux problèmes de résistances aux traitements hormonaux. Parmi eux, les inhibiteurs des CDK 4/6 (palbociclib, ribociclib, abemaciclib). Plusieurs études de phase III ont été réalisées combinant un inhibiteur de CDK4/6 avec un inhibiteur de l’aromatase (pour les cancers hormono-sensibles) ou le fulvestrant (pour les cancers hormono-résistants). Les bénéfices ont été confirmés avec pour principale toxicité une neutropénie retrouvée pour le palbociclib et le ribociclib, et des neutropénies fébriles (

Les mutations PI3KCA (présentes chez 28 à 47% des cancers du sein présentant des récepteurs aux oestrogènes) augmentent la sensibilité des cellules cancéreuses à l’inhibition PI3K/AKT/mTOR. Les données évaluant les inhibiteurs PI3K commencent à apparaître mais les bénéfices restent limités au regard de la toxicité de ces traitements.

Quelles perspectives thérapeutiques pour les cancers HER2+ ?

Ils concernent environ 15% des cancers du sein. Le trastuzumab constitue la pierre angulaire de la prise en charge de ces cancers. En traitement adjuvant, un an sous trastuzumab, après un traitement par anthracycline et taxane, constitue le traitement de référence du cancer HER2+, avec amélioration de la survie sans maladie et de la survie globale. Une autre option est constituée par le lapatinib, un inhibiteur de tyrosine-kinase, en association à la capécitabine ou au trastuzumab. Des doubles blocages HER2 ont montré une amélioration de la survie sans maladie et de la survie globale. Malgré ces avancées, certains cancers continuent de progresser, d’où la nécessité de développer de nouveaux anti-HER2.

Le trastuzumab emtansine (T-DM1) est le premier anticorps conjugué ciblant l’HER2. Il combine l’action ciblée anti-HER2 du trastuzumab à l’activité cytotoxique de l’emtansine. Il s’agit du traitement de référence en cas d’échec au trastuzumab sur des cancers du sein avancés. D’autres associations sont en cours de développement.

Parmi les inhibiteurs des tyrosines kinases HER2, le nératinib est un inhibiteurs irréversible HER1, HER2 et HER4 administré par voie orale qui améliore la survie sans maladie au détriment de diarrhées (40% vs 2% sous placebo), de vomissements et de nausées. Le tucatinib est un inhibiteur sélectif de HER2. Il a été étudié notamment en association à un T-DM1. 

Pour les cancers du sein triple négatifs (TNBC)

Si l’iniparib, inhibiteur PARP, n’a pas réussi à démontré son efficacité lors d’un programme de phases III, d’autres molécules de cette classe (olaparib, talazoparib, niraparib, véliparib) sont en développement. Certains résultats  concernant leur combinaison à la chimiothérapie classique dans les cancers HER2 avec mutation BRCA sont prometteurs. Les anticorps conjugués pourraient également apporter des résultats encourageants dans les cancers triple négatifs, ainsi que l’immunothérapie en première ligne avec les inhibiteurs de checkpoints immunitaires (notamment la voie PDL-1/PD-1).