Traitement des dépressions pharmacorésistantes par stimulation magnétique transcrânienne : efficace ?

  • Yesavage JA & al.
  • JAMA Psychiatry
  • 27 juin 2018

  • Par Agnès Lara
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Un essai randomisé, mené chez des vétérans de l’armée américaine souffrant de dépression majeure et ayant résisté à au moins 2 traitements pharmacologiques, montre que la stimulation magnétique transcrânienne répétitive permet une rémission dans 39% des cas. Et celle-ci se maintient à 24 semaines chez près de la moitié de ces patients.

Le taux de rémission se montre particulièrement élevé chez les sujets ne présentant pas de syndrome de stress post-traumatique (45,8%). Le côté surprenant de ces résultats est que ce taux élevé de rémission, chez des patients réputés difficiles à traiter, apparaît aussi bien dans le groupe intervention que dans le groupe contrôle. Les auteurs font l’hypothèse qu’il pourrait être lié à un suivi clinique plus rapproché durant l’étude, incluant une surveillance plus étroite de la prise des traitements pharmacologiques, ainsi qu’à des interactions régulières avec l’équipe.

Pourquoi cette étude a-t-elle été réalisée ?

Environ 20% des patients souffrant de dépression majeure ne répondent pas à la prise en charge classique associant traitement pharmacologique et psychothérapie. La stimulation magnétique transcrânienne répétitive (SMTr) constitue une approche non invasive pour stimuler les régions cérébrales concernées. Elle présente moins de risque que l’électroconvulsivothérapie pour des coûts moins élevés et n’est pas associés aux mêmes effets indésirables que les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO). Les méta-analyses dont on dispose indiquent une efficacité comparable à celle des traitements pharmacologiques dans la dépression majeure résistante aux traitements (DMRT). Cependant, les retraités de l’armée ayant souvent une réponse différente aux traitements classiques, il était intéressant de tester cette technique dans cette population plus complexe en raison de la fréquence des comorbidités (syndrome de stress post-traumatique (SSPT), abus de substances).

Méthodologie

Une équipe de l’université de Stanford a réalisé un essai contrôlé randomisé à partir de 9 centres médicaux pour les retraités de l’armée américaine. Pour être inclus les participants devaient disposer d’un diagnostic de dépression majeure et ne pas avoir répondu à au moins deux premiers traitements pharmacologiques (observance au traitement vérifiée). Ils étaient randomisés pour recevoir jusqu’à 30 séances de stimulations préfrontales gauches répétées à haute fréquence (10 Hz, 120% du seuil moteur, 4.000 impulsions/séance) en plus de leur traitement en cours, ou une procédure contrôle. 

Résultats

  • Au total, 164 participants d’âge moyen 55,2 ans (80,5% d’hommes, 76,8% de type caucasien) ont été inclus dans l’étude, 81 dans le groupe SMTr et 83 dans le groupe contrôle.
  • Parmi eux, 49,4% présentaient un SSPT, et 53,7% avaient des antécédents d’abus de substances.
  • Globalement, 39% des participants ont pu obtenir une rémission (score de dépression ≤10 sur l’échelle de Hamilton). Mais il n’y a pas eu d’effet spécifique du traitement sur le taux de rémission, puisqu’en fin de traitement, 40,7% des participants du groupe SMTr et 37,4% de ceux du groupe contrôle ont obtenu une rémission (Odds Ratio 1,16 [IC95% 0,59-2,26], p =0,67). Et ces chiffres étaient respectivement de 19,8% et 15,7% à la fin de la période de suivi de 24 semaines.
  • Le taux de rémission est apparu encore plus élevé chez les sujets du groupe intervention qui ne présentaient pas de SSPT (45,8% vs 32,5% chez ceux qui avaient un SSPT).
  • Sur le plan de la sécurité, le traitement s’est montré sûr et bien toléré.