Traitement de la SEP par évobrutinib : résultats de l’étude de phase II

  • Montalban X & al.
  • N Engl J Med
  • 10 mai 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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À retenir

Dans une étude de phase II publiée dans le New England Journal of Medicine , le traitement par évobrutinib 75 mg/j pendant 24 semaines permet d’observer un nombre inférieur de nouvelles lésions positives rehaussées par le gadolinium à l’IRM-T 1 entre 12 et 24 semaines par rapport au placebo. En revanche, les données n’étaient pas significatives concernant le taux annualisé de rechute. Ce traitement était associé à un risque d’élévation de certains paramètres biologiques, notamment les ALAT.

Pourquoi cette étude est-elle intéressante ?

La protéine Btk (tyrosine kinase de Bruton) est une protéine impliquée dans les voies de signalisation du récepteur antigénique des cellules B (BCR) et du récepteur des cytokines. Les inhibiteurs de Btk font l’objet de travaux dans plusieurs maladies auto-immunes, comme la polyarthrite rhumatoïde ou la SEP. De premières données in vivo ont décrit l’efficacité de l’évobrutinib dans l’encéphalomyélite auto-immune expérimentale, un modèle animal des pathologies démyélinisantes du SNC.

Méthodologie

L’étude de phase 2 randomisée contrôlée versus placebo a inclus des patients de 18-65 ans atteints de sclérose en plaques récurrente-rémittente (SEP-RR) ou secondairement progressive présentant un score EDSS ≤6.

Ils étaient randomisés 1:1:1:1:1 entre un placebo, un traitement par évobrutinib (25 mg 1 fois/j ou 75 mg 1 fois/j ou 75 mg 2 fois/j, soit E25, E75, E75-bid), ou le diméthylfumarate (DMF, 120 puis 240 mg 2 fois/j) durant 24 semaines, puis durant 24 autres semaines au cours desquelles les sujets sous placebo durant la première phase étaient switchés sous évobrutinib 25 mg 1 fois/j. Les mesures IRM ont été conduites toutes les 4 semaines à partir de la semaine 12.

Principaux résultats

  • Au total, 267 patients ont été répartis entre les 5 groupes (âge moyen 42 ans, 69% de femmes, 87% de SEP-RR).

  • Entre S12 et S24, le nombre total moyen de lésions rehaussées par le gadolinium était de 4,06, 1,69, 1,15 et 4,78 dans les groupes E25, E75, E75-bid et DMF respectivement versus 3,85 dans le groupe placebo. Ainsi, par rapport au placebo, le rapport des taux ajustés sur la valeur à l’inclusion était respectivement de 1,45 (p = 0,32), 0,30 (p = 0,005) et 0,44 (p = 0,06) dans les groupes E25, E75 et E75-bid.

  • En revanche, le taux de rechute annualisé à S24 n’était pas différent entre les différents groupes évobrutinib et le groupe placebo, et la différence de score EDSS était non significative par rapport à l’inclusion sous traitement expérimental.

  • En termes de sécurité, le taux d’évènements indésirables sérieux était de 7% sous E75-bid (contre 4% dans tous les autres groupes), et le taux d’évènements de grade 3 ou 4 était supérieur dans les groupes E75, E75-bid et DMF par rapport aux deux autres. Les principales manifestations déclarées étaient les rhinopharyngites (6-17% dans les bras évobrutinib contre 9% sous placebo) et l’augmentation des ALAT (6-11% vs 7%) puis des ASAT (2-7% vs 2%) et de la lipase (4-9% vs 9%).

Financement

L’étude a été sponsorisée par EMD Serono Research and Development Institute.