Traitement à la demande par corticoïdes inhalés et LABA dans l’asthme léger

  • Hardy J & al.
  • Lancet
  • 14 sept. 2019

  • Par Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte. L'accès à l'intégralité du contenu de ce site est reservé uniquement aux professionnels de santé disposant d'un compte.

À retenir

Par rapport aux corticoïdes inhalés (CSI) en traitement de fond associés à la terbutaline (bêta-2 agoniste de courte durée d’action, SABA) à la demande, l’association budésonide-formotérol à la demande permet de réduire plus efficacement la survenue d’exacerbations sévères de l’asthme chez l’adulte, tout en offrant un contrôle comparable de la maladie. Permettant en outre de réduire l’exposition globale aux CSI, l’association budésonide-formotérol à la demande conforte son intérêt par rapport à l’usage des SABA à la demande, dont la position dans la stratégie thérapeutique a été récemment réévaluée par la commission Lancet sur l’asthme et dans le cadre des dernières recommandations GINA. Reste cependant une réserve concernant la pertinence de ce protocole chez les sujets hyperéosinophiliques, pour lesquels le contrôle de l’asthme semblait meilleure sous combinaison CSI-SABA. Quoi qu’il en soit, une étude similaire menée chez les enfants serait maintenant nécessaire.

Un essai en “vraie vie” mené dans 15 centres néozélandais

PRACTICAL a été mené durant 52 semaines auprès de patients de 18 à 75 ans reçus dans 15 centres : ils devaient présenter un asthme non contrôlé sous SABA seul ou associé à des CSI à dose faible ou modérée durant les 12 semaines précédant la randomisation. Ils ont été randomisés (1:1) entre un traitement par budésonide-formotérol 200/6 µg à la demande (CSI-LABAald) et un traitement par budésonide 200µg 2 fois par jour et 2 inhalations de terbutaline 250µg en cas de besoin (CSI-SABA).

Principaux

  • L’analyse a été menée à partir des données de 885 patients (âge moyen 43 ans, 55% de femmes) qui avaient été 12% à présenter une exacerbation dans les 12 mois précédents. Au total, 30% étaient traités par SABA seul et 70% par CSI-SABA.
  • À 12 mois, le taux absolu d'exacerbations sévères de l'asthme (critère principal) était de 0,119 par patient et par an sous CSI-LABAald contre 0,122 sous CSI-SABA, soit un rapport des taux relatifs de 0,69 ([0,48-1,00], p=0,04). Parmi les critères secondaires d’évaluation, le taux d’exacerbations modérées et sévères était de était de 0,165 par patient et par an sous CSI-LABAald contre 0,237 sous CSI-SABA, soit un rapport des taux relatif de 0,70 ([0,51-0,95], p=0,04).
  • Parallèlement, le contrôle de l’asthme (selon le questionnaire ACQ-5) et les données du VEMS (Volume Expiratoire Maximal Seconde) étaient comparables dans les deux groupes aux différents temps de suivi.
  • Le nombre de patients ayant quitté l’étude pour échec thérapeutique était identique dans les deux groupes (n=9 et 11 respectivement).
  • Des analyses pré-spécifiées ont montré que les patients appartenant au quartile des sujets ayant les plus forts taux sanguins d’éosinophiles à l’inclusion avaient un meilleur contrôle de l’asthme (questionnaire ACQ-5) sous CSI-SABA, tout en présentant une fréquence des exacerbations similaires à celles sous CSI-LABAald.