Toujours un faible niveau de preuve pour l’isotrétinoïne orale dans l’acné

  • Costa CS & al.
  • Cochrane Database Syst Rev
  • 24 nov. 2018

  • de Caroline Guignot
  • Résumé d’articles
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Principaux messages

  • Selon une revue Cochrane récente, les recommandations des sociétés savantes concernant l’utilisation de l’isotrétinoïne dans le traitement de l’acné ne peuvent être ni soutenues avec certitude ni contredites, face au faible niveau de preuve et la faible qualité des études disponibles sur le sujet, a fortiori sur la base d’un suivi mené essentiellement à court terme.

  • Ainsi, il n’est pas possible de déterminer si l’efficacité et la sécurité de l’isotrétinoïne orale est supérieure ou non aux antibiotiques oraux ou aux agents topiques ou si l'utilisation quotidienne est préférable à une utilisation intermittente.

  • En termes de critères d’évaluation, les preuves sont de très faible qualité concernant la diminution du nombre de lésions inflammatoires mais semblent légèrement meilleures sur le plan de la gravité de l’acné évaluée par les médecins. Dans les deux cas, des évènements indésirables sont rapportés : la plupart sont localisés (dont certains graves ou persistants, comme la sécheresse des lèvres et de la peau) mais peuvent être systémiques (nausées, vomissements).

  • Les signaux concernant le risque psychiatrique (tentatives de suicide) et celui de maladies inflammatoires de l'intestin ont dû faire l’objet d’une analyse in extenso des études identifiées, étant donné l’incapacité à les compiler dans une méta-analyse : les preuves restent de qualité médiocre mais aucun signal particulier ne semblent en émerger.

  • Il est urgent que des études de meilleures qualités méthodologiques soient bâties afin de disposer d’un meilleur niveau de preuve.

Principaux résultats

  • Dans l’acné modérée ou grave, la comparaison de l'isotrétinoïne à un antibiotique oral plus un agent topique durant 20 à 24 semaines (3 études, 400 patients, preuves de très faible qualité) n’a pas mis en évidence de différence du nombre de lésions inflammatoires (RR 1,01 [0,96-1,06]). En revanche, 1 syndrome de Stevens-Johnson a été recensé sous isotrétinoïne. L’isotrétinoïne pourrait réduire la gravité de l’acné de 15% selon l’évaluation menée par les médecins (RR 1,15 [1,00-1,32], n=351, 2 études, preuves de faible qualité) avec moins d’effets secondaires.

  • Quatorze études ont comparé différentes doses ou traitements d’isotrétinoïne orale durant 12 à 32 semaines (acné sévère ou modérée) : parmi elles, l’une (n=154) a établi une diminution de 79%, 80% et 84% du nombre de lésions inflammatoires après 20 semaines sous 0,05, 0,1 ou 0,2 mg/kg/jour d’isotrétinoïne ; une autre (n=150, acné sévère) a comparé 0,1, 0,5 ou 1 mg/kg/jour d’isotrétinoïne sur 20 semaines et a montré que 58%, 80% et 90% des sujets traités présentaient une diminution de 95% du nombre de lésions inflammatoires. Une autre étude a montré qu'une dose quotidienne améliorerait les différents paramètres d’évaluation de l'acné par rapport à un traitement intermittent à 24 semaines (preuves de faible qualité).

  • Au cours de ces 14 études (traitement entre 12 et 32 semaines, suivi pouvant aller jusqu'à 48 semaines), aucun effet secondaire grave n'est survenu (preuves de faible qualité). Des effets secondaires moins graves (sécheresse cutanée, démangeaisons, perte de cheveux) ont été évalués dans 13 études mais il n’était pas possible de pooler ces données.