Thrombose de veine porte et cirrhose hépatique : quels sont les risques associés à l’administration d’anticoagulant ?

  • Bergère M & al.
  • Clin Res Hepatol Gastroenterol
  • 18 déc. 2018

  • Par Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats de cette étude rétrospective française suggèrent qu’un traitement anticoagulant permet une recanalisation chez 85% des patients (complète dans près de 60% des cas et partielle dans 25%). Cette pratique était associée à des saignements non graves et son bénéfice sur la diminution du risque de récidive de thrombose pourrait être maintenu dans la durée.

Les auteurs soulignent que si les données actuelles sont basées sur l’utilisation d’héparine de bas poids moléculaire (HBPM) et d’antivitamine K (AVK), le rivaroxaban pourrait être efficace et bien toléré. Un essais randomisé, multicentrique est d’ailleurs en cours pour évaluer l’impact de ce traitement sur l’incidence et la progression de la thrombose de veine porte.

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

La thrombose de la veine porte est une complication fréquente des patients souffrant de cirrhose hépatique. La prise en charge par anticoagulant est efficace, mais reste controversée du fait du risque de saignement chez les patients ayant une hypertension portale et du manque d’études prospectives et comparatives sur le sujet. Cette étude rétrospective apporte quelques éléments concernant l’effet à long terme d’un traitement anticoagulant.

Méthodologie

Cette étude de faible envergure (40 patients) et monocentrique a inclus des sujets souffrant de thrombose de la veine porte traités par anticoagulant entre juin 2003 et mai 2018. Des imageries ont été régulièrement réalisées pour suivre l’évolution de la thrombose. Les complications hémorragiques et les récidives de thrombose de la veine porte après arrêt du traitement anticoagulant ont également été analysées. Une endoscopie digestive haute était réalisée avant le début du traitement anticoagulant et la ligature de varices oesophagiennes réalisée chez 14 sujets (dont 10 avaient déjà eu une intervention de ce type avant le diagnostic de thrombose de veine porte). Tous les patients recevaient un traitement par héparine de bas poids moléculaire (HBPM) avant de passer à un antivitamine K. Ceux souffrant de cancer ou ayant un fort risque de saignement ou une observance insuffisante conservait un traitement par HBPM. L’INR cible était entre 2 et 2,5 sous AVK.

Principaux résultats

Le suivi médian des sujets traités par anticoagulant était de 33,7 mois. La recanalisation complète de la veine porte était complète chez 57,5% des sujets et partielle chez 25,0%. Au total, quinze épisodes de saignements ont été notifiés chez 15 patients (37,5%) dont 46,7% en lien avec une hypertension portale. Seule une minorité de patients ayant eu des saignements ont eu besoin d’une prise en charge endoscopique (13,3%) ou chirurgicale (6,7%). Aucun patient n’est décédé des conséquences d’un saignement. 

Au cours du suivi, le traitement anticoagulant a été arrêté chez 25% des patients du fait de la régression de la thrombose de veine porte pour la moitié des cas et du fait d’épisodes hémorragiques pour l’autre moitié. Parmi le patients chez qui le traitement anticoagulant a été arrêté, plus de la moitié ont eu une récidive ou une extension de la thrombose de veine porte.

Principales limitations

Effectif de très petite taille, étude rétrospective et monocentrique.