Thrombose associée au cancer : les recommandations sont-elles suffisamment connues et appliquées ?

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À retenir

Cette enquête a révélé que la prise en charge par anticoagulant des situations de thrombose associée au cancer (TAC) était appropriée du moment où des recommandations claires et concordantes existaient. En revanche, la prise en charge serait plus hétérogène en dehors de ce cadre, notamment en ce qui concerne la durée de traitement au-delà de 6 mois et la thromboprophylaxie. Ces informations soulignent la nécessité d’améliorer les recommandations pratiques et de continuer à accompagner les professionnels de santé à prendre en charge les patients avec TAC.

Pourquoi est-ce important ?

Avec une incidence de 15 à 20%, la thrombose associée au cancer (TAC) constitue l’une des principales causes de morbidité chez les sujets atteints de cancer. Elle constitue par ailleurs la deuxième cause de mortalité chez ces sujets. En France, différentes recommandations existent, proposées par le Groupe Francophone Thrombose et Cancer en collaboration avec l’Institut National du Cancer (INCa) et d’autres institutions internationales, ainsi que par l’Association Francophone des Soins de Supports Oncologiques (AFSOS)1,2,3. Plusieurs études ont évalué que seulement 39 à 53% des patients avec TAC recevaient un traitement à long terme par héparine de bas poids moléculaire. L'état des lieux mené dans un contexte français constitue une base d’informations essentielle et montre la nécessité d’une identification des référents thrombose et l’élaboration de recommandations claires.

Principaux résultats

  • L’analyse des données recueillies a montré que les HBPM étaient l’option préférentielle pour plus de 90% des participants pour le traitement d’une embolie pulmonaire récente proximale ou d’une thrombose veineuse profonde.
  • Pour près de 70% des médecins, la durée de traitement préconisée était de 6 mois, et de plus de 12 mois en cas de cancer actif.
  • Lorsque la thrombose était découverte de manière fortuite, la prise en charge s’est révélée hétérogène en l’absence de recommandation claire. Il en était de même en matière de thromboprophylaxie.

Méthodologie

  • Enquête nationale basée sur un questionnaire ouvert proposé en ligne à 2.104 spécialistes experts dans la prise en charge des TAC. 401 questionnaires ont été remplis par des spécialistes : en médecine vasculaire (68%), en oncologie (12%) et autres (20%).
  • L’évaluation portait sur la connaissance des recommandations de prise en charge des patients atteints de TAC et la raison de leur non utilisation le cas échéant ; la prise en charge d’un cas simulé de TAC associée à un adénocarcinome pulmonaire ; les facteurs influençant la prise en charge des patients présentant une TAC et l’utilisation d’une thromboprophylaxie chez les patients atteints de cancer.