Thrombo-embolie veineuse sous inhibiteurs de JAK : un effet de classe ?

  • Desai RJ & al.
  • 15 déc. 2018

  • Nathalie Barrès
  • Résumé d’articles
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À retenir 

Les résultats d’une étude menée à partir de deux bases de données longitudinales d’assurance maladie américaine ayant rassemblé les informations sur plus de 50.000 patients souffrant de polyarthrite rhumatoïde (PR) montrent que la survenue d’une thrombo-embolie veineuse (TEV) après initiation d’un traitement par tofacitinib (inhibiteur des Janus Kinases ou JAK) ou anti-TNF reste peu fréquente (

Pourquoi cette étude a-t-elle été menée ?

Un signal d’alerte d'augmentation du risque de TEV avait été émis dans les études pré-marketing au sujet d’un autre inhibiteur de JAK, le baricitinib à 4 mg, conduisant la FDA à limiter sa posologie à 2 mg. L’étude présentée ici vise à évaluer s’il s’agit d’un effet indésirable de classe.

Méthodologie

Cette étude a inclus des patients initiant un traitement par tofacitinib ou par anti-TNF (adalimumab, certolizumab, etanercept, golimumab ou infliximab) sans avoir été au préalable sous agent biologique ou tofacitinib. Les sujets ont été suivis jusqu’à arrêt du traitement ou changement de molécule ou encore arrêt de leur couverture santé. Les patients ayant un cancer ou des antécédents de TEV ont été exclus. 

Les cas d’embolie pulmonaire ou de thrombose veineuse profonde au cours d’une hospitalisation ont été notifiés et analysés. Le modèle d’analyse a inclus 60 variables dont les données démographiques, l’utilisation de DMARDs non biologiques et de glucocorticoïdes, les comorbidités, les comédications, les facteurs de risque de TEV et les marqueurs de santé.

Principaux résultats

À partir des deux bases de données couvrant respectivement les périodes 2012-2016 et 2012-2015, 34.074 et 17.086 patients PR éligibles à l’étude ont été identifiés et inclus dans les analyses. L’âge moyen de ces patients était respectivement de 50 et 71 ans. Dans chacune de ces cohortes, respectivement 5,6% et 5,8% des individus avaient initié un traitement par tofacitinib. De nombreux patients ayant initié un traitement par tofacitinib avaient utilisé ≥3 DMARDs non biologiques et glucocorticoïdes avant l’inclusion, reflétant une maladie plus longue et plus active que chez les initiateurs d’anti-TNF.

L’incidence brute des TEV était de 0,60 [0,26-1,19]/100 personnes-années sous tofacitinib et de 0,34 [0,27-0,41]/100 personnes-années sous anti-TNF dans la première cohorte et de 1,12 [0,45-2,31] et 0,92 [0,76-1,11] respectivement dans le seconde. Le calcul du hazard ratio ajusté sur le score de propension (HRa-ps) n’a montré aucune différence de risque de TEV entre l’initiation du tofacitinib ou d’un anti-TNF, que ce soit sur les bases de données prises individuellement, ou sur les données poolées (HRa-ps 1,33 [0,78-2,24] pour les données poolées).

Principales limitations

Le nombre de TEV observées était faible, limitant de fait la précision des résultats, et ne permettant pas d’analyses en fonction des doses ou spécifiquement de la survenue d’une embolie pulmonaire ou d’une thrombose veineuse profonde.

Financements

Étude financée par le Brigham & Women’s Hospital et par la Harvard Medical School, sans autre financement externe.