Tests sérologiques et COVID-19 : quoi de neuf au 6 mai 2020 ?


  • Serge Cannasse
  • Actualités Médicales
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La HAS (Haute Autorité de santé) vient de publier trois mises au point sur la place des tests sérologiques dans la lutte contre la pandémie de COVID-19. Premiers volets d’un travail en cours, elles permettent d’ores et déjà de répondre à plusieurs questions.

Pas d’utilité pour le diagnostic précoce

Chez les patients symptomatiques, les IgG et IgM ne sont détectables qu’à partir de la deuxième semaine suivant l’apparition des symptômes. Dans le cadre du diagnostic précoce de l’infection COVID-19 (première semaine après l’apparition des symptômes), les tests sérologiques ne sont donc pas recommandés. Seul le test moléculaire de détection du génome du SARS-CoV-2 par RT-PCR l’est. Cette détection est optimale dans les échantillons nasopharyngés jusqu’au 7 e jour après l’apparition des symptômes. Ensuite le diagnostic doit être recherché par d’autres méthodes.

Les tests sérologiques ne permettent pas de discriminer entre infection récente et ancienne.

Pas d’indication sur la contagiosité

Aucune corrélation n’a pu être établie entre production d’anticorps (qui ne s’accompagne pas d’une baisse de la charge virale) et présence du SARS-CoV-2.

Pas d’indication sur l’immunité

Les tests permettent uniquement de savoir si une personne a produit des anticorps contre le SARS-CoV-2. Le titre d’anticorps neutralisants nécessaires pour assurer une protection, ainsi que la durée de celle-ci, sont encore inconnus. 

Valeur diagnostique dans certaines situations

La HAS liste une série d’indications de tests sérologiques à visée diagnostique, sur prescription médicale. Elle inclut notamment les patients symptomatiques sans signe de gravité suivis en ville avec un test RT-PCR négatif ou n’ayant pu réaliser ce test.

En revanche, elle liste également une série de non indications, notamment chez les personnes-contacts d’un patient confirmé ou suspecté, pour le suivi d’un patient diagnostiqué COVID-19, chez les résidents d’hébergements collectifs non symptomatiques, notamment sociaux et médicosociaux (cependant, un test peut être envisagé en cas de nécessité de diagnostic de rattrapage, notamment en cas de RT-PCR non réalisée), chez les patients à risque de forme grave de COVID-19. Les tests de dépistage par groupes socio-professionnels, confinés ou non confinés, ne sont pas préconisés.

Ces préconisations seront revues au fur et à mesure des progrès des connaissances sur le SARS-CoV-2. La HAS insiste sur le fait que « l’utilisation non validée avec rendu individuel accompagné d’une possible mauvaise interprétation représente un risque collectif majeur. »

Un intérêt épidémiologique certain

Le taux d’attaque du virus restant faible grâce au confinement, tenter un dépistage systématique et exhaustif de toute la population ne semble pas pertinent. En revanche, la surveillance épidémiologique au moyen des tests sérologiques couplés à des questionnaires sera réalisée sur des échantillons populationnels à partir de cohortes préexistantes. Différentes études sont d’ores et déjà en cours, notamment sur certaines catégories de population (par exemple, celles exposées au virus pendant le confinement).

Qualité des tests

La HAS recommande que les tests soient évalués par le Centre national de référence des virus des infections respiratoires avant tout achat ou utilisation. Ce travail est en cours.

L’agence recommande également que la valeur minimale de leur sensibilité clinique se situe entre 90 et 95% selon leur usage et que la valeur minimale de leur spécificité clinique soit de 98%. En revanche, « en l’absence de données robustes sur la prévalence de l’infection COVID-19 dans la population française, la détermination des valeurs prédictives positives et négatives n’est pas pertinente aujourd’hui. »

Un test salivaire

Un consortium incluant le CNRS (Centre national de la recherche scientifique) a lancé un essai en double aveugle portant sur 180 personnes (testées positives ou négatives au SARS-CoV-2) chez qui un test salivaire (EasyCov) a été effectué. Le résultat est obtenu en une demi-heure. Le test pourrait être utilisé en ambulatoire par les soignants et être opérationnel dès le mois de mai, pour les professionnels de santé.